Résumé

P. Loti Revue des Deux Mondes

On levait, l’ancre. Alors une barque, qui se hâtait venant du rivage, à la dernière minute m’apporta de la part du sultan deux précieux cadeaux : un poignard à fourreau d’argent, qui avait été le sien, et un sabre courbe, à poignée d’or.
Au crépuscule, disparut l’Arabie.
À mesure que nous nous avancions vers le large, l’air perdait sa légèreté impondérable et sa transparence ; il s’épaississait de vapeur d’eau, et bientôt la lune se leva funèbre, énorme et confuse, parmi des cernes jaunes. Nous retrouvâmes la mauvaise et lourde humidité chaude.
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P. Loti Revue des Deux Mondes

Mais comment l’emmener par mer, et comment résisterait-il, ce coureur des plaines de sable, dans les terribles défilés qui montent à Chiraz ? Après réflexion, je dus refuser encore.
Et, vers la fin du jour, je me retrouvai sur le bateau qui allait m’emporter au fond du golfe Persique. C’était l’instant où la ville couleur de neige commençait à bleuir au déclin du soleil, sous son linceul de chaux, tandis qu’alentour le chaos des pierres se teintait comme du cuivre.
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P. Loti Revue des Deux Mondes

Et il y a tant de vie neuve épandue partout, tant de joie dans l’air, tant de sève montante dans les plantes vertes, que la mort semble un noir rêve improbable... Cependant, à la porte de mon jardin plein de roses, se tient le vieux homme annoncé, le fossoyeur aux mains souillées de terre...
Il s’agit de pauvres petits matelots Imitons, enfans d’une vingtaine d’années, noyés il y a quatre ans dans les brisans de la Bidassoa, et que l’on exhume aujourd’hui. Le cimetière où ils dormaient est devenu trop étroit, trop plein de morts ; il faut les réveiller et les déplacer.
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