P. Loti, Revue des Deux Mondes
“ On levait, l’ancre. Alors une barque, qui se hâtait venant du rivage, à la dernière minute m’apporta de la part du sultan deux précieux cadeaux : un poignard à fourreau d’argent, qui avait été le sien, et un sabre courbe, à poignée d’or. Au crépuscule, disparut l’Arabie. À mesure que nous nous avancions vers le large, l’air perdait sa légèreté impondérable et sa transparence ; il s’épaississait de vapeur d’eau, et bientôt la lune se leva funèbre, énorme et confuse, parmi des cernes jaunes. Nous retrouvâmes la mauvaise et lourde humidité chaude. ”
