Résumé

M. Rouire Revue des Deux Mondes

III. — L’AVENIR DE L’IRAN On comprend sans peine que les politiques anglais suivent avec une croissante préoccupation sur terre ferme comme dans les eaux du golfe Persique l’ombre grandissante projetée par les combinaisons des hommes d’action de Saint-Pétersbourg. Aux portes de l’Afghanistan qu’ils dominent, à la lisière du Béloutchistan qu’ils détiennent, dans le golfe où leur marine est maîtresse, à Koweït et à Bahréin qu’ils protègent, les maîtres de l’Hindoustan sont aux aguets, surveillent d’un œil inquiet l’horizon persan.
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Il continuera vers l’Euphrate et le plateau de l’Iran. L’Anatolie est déjà comme le parvis de l’Europe ; par le croisement des chemins de fer futurs, elle sera le marché central de l’Ancien Monde. Le jour où le chemin de fer reliera le port le plus septentrional du golfe Persique au Bosphore ou encore à Port-Saïd, l’importance du canal de Suez ne pourra être que diminuée. C’est l’Asie antérieure qui héritera de la fortune de l’Egypte. Le Tigre et l’Euphrate verront alors refleurir sur leurs rives la splendeur des civilisations disparues.
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Le possesseur de Koweït est donc le maître du point terminus des deux futures voies transcontinentales des Indes, celle qui va passer par la vallée de l’Euphrate et celle qui passera dans un avenir plus ou moins éloigné par le nord et le centre de l’Arabie. Il n’est nul besoin de faire ressortir l’intérêt qu’ont les maîtres de l’Inde à les dominer. Qu’il s’agisse de la ligne Konieh-Bassora ou de celle de Kowéït-Port-Saïd, ces deux voies ferrées établissent entre l’Europe et l’Asie méridionale une communication plus directe et plus rapide que par le canal de Suez.
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