René Boylesve

René Boylesve

Résumé

Portrait de René Boylesve René Boylesve Feuilles tombées (1927)

Les choses extérieures donnent de superbes et de vifs plaisirs ; j'admets qu'on aille jusqu'à ne pas se lasser de la contemplation d'une belle chose; mais la véritable joie ne peut provenir que de nous-mêmes; elle est un jaillissement qui s'épand sur les choses, mais qui ne saurait provenir uniquement d'elle ; elle n'est que dans la création. Aimer même, c'est moins subir le charme d'un être que le créer. L'amour est tout imagination, illusion. L'œuvre d'art n'est pas la beauté aux pieds de qui nous sommes à genoux, mais le poème que nous composons à l'occasion de telle forme.
Source : Gallica

Portrait de René Boylesve René Boylesve Feuilles tombées (1927)

Wilde avait raison de s’élever contre Ruskin qui tend à mesurer la valeur d’une œuvre à la somme d’idées morales qu’elle contient. Car ce n’est pas l’idée morale qui crée l’art.
Mais Wilde se trompe quand, par esprit de réaction contre une telle impertinence, il voudrait que l’œuvre d’art fût à ce point indépendante de la morale qu’elle n’eût même pas de sujet. C’est confondre art et métier. On prend un sujet quelconque, on le traite, et l’on manifeste, par sa manière propre de le traiter, que l’on est original, et artiste.
Source : Gutenberg

Portrait de René Boylesve René Boylesve Feuilles tombées (1927)

Lorsque je le rencontrai, j’étais tout subjugué par la découverte de Mon Amour—peut-être dans notre littérature le seul chef-d’œuvre du roman-journal, où le don des gradations est infini, mettant sa suprême délicatesse à se tout inféoder aux battements mêmes du cœur sensible,—d’un cœur qui tour à tour se comprime et éclate, qui épouse la ligne sinueuse du sentiment, la cerne de retouches, de «repentirs», mais avec l’unique objet d’y mieux encore adhérer, d’un cœur enfin qui toujours tremble de ne s’être pas à soi-même suffisamment fidèle...
Source : Gutenberg

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