Remy de Gourmont,
Les femmes et le langage
(1911)
“ Mais si, au contraire, niant son émotion ou sa sensation, l’homme qui a froid dit « j’ai chaud » et l’homme qui a faim « je n’ai pas faim », il parle. Qu’il use des paroles, des gestes, ou des signes de l’écriture, à cela, au mensonge, c’est-à-dire à la conscience, on reconnaît l’homme. Mensonge, que l’on ne s’y trompe pas, prend ici le sens de : expression d’une sensation imaginaire ; il s’agit de psychologie et non de morale, domaines séparés.Si la femme est le langage, elle doit être le mensonge, et aussi la conscience. Tout cela se tient et ne fait qu’un. ”
