Roger Gilbert-Lecomte

Résumé

Roger Gilbert-Lecomte Comœdia

Novalis est peut-être celui qui a vécu avec le plus de sincérité l’unité de l’amour humain et de l’amour divin.
« Qu’est-ce que la religion si ce n’est une entente de deux cœurs aimants, une éternelle union. Lorsque deux sont ensemble, Il est au milieu d’eux. »
Car le mystère de la séparation originelle, pierre d’achoppement, point obscur de toutes les métaphysiques, cette borne où vient buter l’esprit humain aucune puissance de l’intellect ne peut en venir à bout. Il ne peut être vaincu que par l’amour. Et Novalis l’a mieux que personne senti et fait sentir.
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Roger Gilbert-Lecomte Comœdia

Tout épanchement du cœur relève d’une cause unique du seul fait qu’il est épanchement du cœur.
Il n’est pas d’amour particulier, si pauvres que soient les êtres qui l’éprouvent, qui à son paroxysme n’aille se jeter dans la mer sans bornes de l’amour universel.
Toute femme aimée et perdue, c’est Eurydice. Eurydice est l’âme de l’homme, c’est-à-dire cette âme de lui-même par où il participe à la divinité, le centre le plus intime de son être, le cœur de son cœur et cependant, précisément à cause de sa superficialité, ce dont il est séparé.
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Roger Gilbert-Lecomte Comœdia

L’amour est comme la mer. Son rythme est celui du cœur et celui de l’univers. Comme la mer, tour à tour en son sein, l’amour reflète et répercute les passions humaines. L’amour monte comme une marée invincible et submerge l’être aimé dans des ondes infinies de tendresse jusqu’au bonheur de l’union, marée haute, mer étale. Mais l’amour aussi se retire en gémissant, comme la mer sous la succion de la lune abandonne peu à peu de grands déserts de sable, jusqu’à la marée basse de la séparation, étendue aride à peine parsemée çà et là des flaques d’eau amère du souvenir.
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