Un dîner (1838)

Résumé

Un dîner (1838)

“ Si par ses résultats elle prouve en sa faveur; si elle satisfait aux besoins de la France et assure son bonheur, nous pourrons éprouver des regrets d'affection, mais nous n'aurons plus de griefs, et par patriotisme, si ce n'est encore par conviction, nous nous ferons à ce gouvernement. Si la république amène des mécomptes, si elle ne répond pas à l'attente de la France, si l'on vient à sentir que la liberté, l'ordre, la sécurité, ont besoin d'un appui plus fixe, plus égal, plus régulier que la volonté variable de tous, nous montrerons cet appui dans la légitimité. ”
Source : Gallica

Un dîner (1838)

“ L'Américain se contente d'être l'égal de tout le monde devant la loi; le Français veut être l'égal de chacun, comme individu, parce qu'il est lui : le premier voit paisiblement dans ses droits un fait qui le protège, le second aiguise les siens comme une arme de combat; celui-là s'éclaire pour avoir raison, celui-ci pour se faire valoir; l'un cherche la vérité, l'autre la force : la liberté calme l'Américain et irrite le Français. Et même s'il nous était donné de devenir tout à coup une nation politique comme la nation américaine, n'y aurait-il pas à réfléchir ? ”
Source : Gallica

Un dîner (1838)

“ Mais quand la légitimité reste debout, même au milieu de débris, elle préserve de tout excès, elle devient le centre autour duquel tout se coordonne et se place. Devant elle, les passions ne peuvent se déguiser en droits; l'ambition, pour s'élever, ne propage plus la contagion de l'égalité; chaque chose se tient à sa place et le tout s'en trouve mieux ; l'amour de la patrie reste un sentiment traditionnel, sans besoin d'être échauffé par des déclamations; la sécurité se concilie avec les changemens, la dignité de l'homme avec ses devoirs, et sa liberté avec sa dépendance. ”
Source : Gallica

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