Résumé

Réflexions sur l'histoire contemporaine (1871)

Il n'y a pas de peuple plus prompt que nous aux révolutions; il n'y en a pas qui accepte avec une résignation plus exemplaire le premier gouvernement de hasard qui met le pied sur sa tête. Le tort de la France est d'être trop docile envers Paris; mais c'est Paris, trop docile envers ses propres meneurs, qui est le premier coupable. Il est temps que désormais le sort de toute une nation cesse d'être à la merci d'un coup de main d'aventuriers. En destituant Paris de son influence malfaisante, on n'aura pas étouffé l'esprit révolutionnaire, mais on aura coupé les vivres à la révolution.
Source : Gallica

Réflexions sur l'histoire contemporaine (1871)

L'aristocratie, synonyme de résistance, est la première condition de la liberté, tandis que l'égalité, synonyme d'effacement, s'accommode merveilleusement de toutes les tyrannies, tantôt de celle d'un seul, tantôt de celle de tous, toujours de celle de l'Etat. Ainsi le principe même de la liberté nous est ravi, et en même temps son contre-poids, car c'est là le grand avantage des constitutions aristocratiques, que tout en rendant la liberté possible, elles la tempèrent. L'aristocratie, source de toute liberté, est en même temps le vrai correctif de la liberté..
Source : Gallica

Réflexions sur l'histoire contemporaine (1871)

Un gouvernement harcelé par une opposition incessante, obligé par l'instinet de la conservation de courir au plus pressé, traqué par ses ennemis comme la bête fauve par le chasseur, sous le poids continuel de cette sorte d'oppression morale que produit la peur, incapable d'égaler la sérénité, la tolérance qui coûtent si peu aux vieilles monarchies sûres d'elles-mêmes et du lendemain, en possession de l'avenir, et libres de cultiver sans impatience les desseins à longue portée, un tel gouvernement est forcément gauche et peu libéral, car il ne jouit pas de toute sa liberté d'esprit.
Source : Gallica

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