auteur:Georges Darien

Résumé

auteur:Georges Darien Les Chapons

BARBIER. Allons donc ! Je vous le répète : ce qui s’expliquait il y a six semaines, sous le coup d’une émotion profonde, sincère, est inadmissible aujourd’hui. Le temps a fait son œuvre.
MADAME BARBIER. Nous répondons de Catherine comme de nous-mêmes.
RAQUILLET. Tant mieux ! Mais vous ne semblez pas l’avoir observée attentivement. Regardez-la. Elle a le deuil menaçant. C’est un danger pour une maison qu’un deuil porté de cette façon-là. Enfin, croyez-moi, ne me croyez pas : un bon averti en vaut deux... Si maintenant elle vous joue un mauvais tour...
MADAME BARBIER. Catherine criminelle !
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auteur:Georges Darien Les Chapons

BARBIER. J’étais sûr, parlant à ton cœur, d’en être entendu. Accepte donc, comme nous les acceptons, les décrets de la Providence. La guerre, vois-tu, ce fléau des peuples, a des lois implacables. Elle prend les fils, les maris, les frères. (Catherine pleure dans son tablier) . Suis-je sûr moi-même que mes deux filles, celles que tu as élevées, oui, ne sont pas veuves aujourd’hui ? Suis-je sûr que le sang de mes deux gendres n’a pas coulé ? Et cependant, tu le vois, je me contiens ; je sais faire ce sacrifice à mon pays. (Les pleurs de Catherine redoublent) . Fais taire ta douleur.
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auteur:Georges Darien Les Chapons

BARBIER, CATHERINE, puis MADAME BARBIER
Barbier regarde alternativement le sauf-conduit et Catherine occupée
à inventorier sa malle...
CATHERINE. Comme ça, y n’a qu’un officier, m’sieu Raquillet ?
BARBIER. Oui.
CATHERINE. C’est cor trop d’un.
BARBIER, redescendant. Voyons, qu’est-ce que tu as encore à bougonner.
CATHERINE, baissée sur sa malle, se redressant, colère. J’ai... j’ai... qu’ça peut pas durer... que j’suis pus rien ici, moins qu’une bête... J’ai qu’not dame s’fatigue, qu’a va, qu’a vient, pour les servir, tout comme si j’étais pas là.
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