“ Général comme il y a ici un officier anglais qui probablement ne comprend pas le français je vas vous dire ce que j’ai à dire en anglais. Alors le général Lessard m’a dit : Colonel Lavergne, il n’y aura pas d’assemblée ce soir à St. Roch. J’ai dit : Je n’en vois pas du tout la nécessité — c’est fini. S’il n’y a pas de troupes en évidence dans les rues, il n’y aura rien, j’en ai la conviction morale certaine, et je ne vois pas la nécessité d’avoir une assemblée. Le Général m’a dit : Il n’y aura pas d’assemblée. J’ai dit : Général je n’en vois pas la nécessité. Je dis : Tout est fini. ”
Citations de Émeutes de Québec de 1918 ()
“ Cela ne fera pas disparaître la Conscription ? Il y avait encore quelques cris hostiles — j’entendais sur les confins de la foule des cris hostiles et sceptiques qui avaient pour effet de m’efforcer à travailler de nouveau auprès de la foule pour la convaincre — mais ces cris là pouvaient venir d’une vingtaine d’individus éparpillés dans la foule. J’ai dit : Non, évidemment, ça ne fera pas disparaître la conscription — vous savez ce que j’en pense : C’est une loi maudite, je l’ai combattue et je la combattrai encore par tous les moyens constitutionnels, mais la lutte doit se faire à Ottawa. ”
“ Je sortis avec cet homme de police par la porte de la rue Massue. Je pris la rue Sauvageau et là j’aperçus une troupe que j’évaluerais entre trente et quarante personnes, justement ces hommes, jeunes gens et petits garçons qui s’étaient sauvés lors de la fusillade sans doute. Lorsqu’ils me virent ils voulurent me suivre. À ce moment, comme je quittais le coin de la rue St Valier et Sauvageau qui tourne au presbytère, j’entendis une seconde fusillade très vive, et les gens criaient : le père va se faire tuer. N’ayez pas peur, leur répondis-je je suis français : si je suis tué, ça sera fait. ”
