Résumé

Émile Odier L'Après-guerre, fables nouvelles… (1923)

Au temps où le Bœuf était dieu, - Certain veau, de nos jours, a, dit-on, pris sa place — Un Loup malade avait fait vœu De ne plus aller à la chasse.
Il tint parole, aussi longtemps Que ses dents Claquèrent de peur. et de fièvre.
Mais un jour où, d'humeur à croquer une chèvre, Il repassait, mentalement, Les termes du serment.
Dans l'espoir d'y trouver un accommodement, Il vit à lui venir un jeune Lièvre: « Messire Loup, mon compliment, Dit l'ingénu. — « Dans la prairie, « En broutant avec le troupeau, « J'ai su, par un chevreau, « Le vœu qui de bonheur comble la bergerie ».
Source : Gallica

Émile Odier L'Après-guerre, fables nouvelles… (1923)

Bien qu'il eût de frais aiguisé Jusqu'à sa dernière molaire, Un Loup, pourtant fameux, avait perdu la guerre.
Epuisé, Maîtrisé, Il promettait — par acte Et sur l'honneur — Plus que n'exigeait le vainqueur.
Mais, aussitôt signé le pacte, Il songea que Maître Renard Y trouverait quelque fissure. »
— « C'et bien là votre signature ?
Fit le juriste goguenard.
- « Je l'avoue ».
— « Et, pour la donner, « Etiez-vous libre » ?
— «Autant que peut l'être une Bête, « Quand il s'agit de perdre ou de sauver sa tête ».
Source : Gallica

Émile Odier L'Après-guerre, fables nouvelles… (1923)

Le simple récit donne à croire Que jeux galants Et badinage Pesaient peu dans le camouflage.
« Bertha », pratiquement, songeait à son ménage.
Ayant, d'ailleurs, en maint voyage, D'un clos fameux levé les plans, Elle y vole à son heure ; elle flaire une rose,
Puis, sur un beil œillet se pose, De là, passe au poirier; pique, sans bruit, Le fruit, Et, les jours suivants, fait de même.
Mais sur le chasselas s'use le stratagème ; « Oh ! dit le jardinier Qui voit avec dépit se dégrader sa treille ; « Puisque le mal vient de l'abeille, « En miel on pourra se payer ».
Source : Gallica

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