Louis Pergaud,
De Goupil à Margot
(1910)
“ C’est lui, pas de doute ; c’est bien le bruit de ses pattes qui fouillent, qui creusent, qui approchent. C’est le mâle ou les mâles, car, plus loin, peut-être, dans des épaisseurs où ses sens n’atteignent pas, d’autres encore sont en marche vers elle dont il faudra subir le contact dans la douleur horrible de l’étreinte nuptiale. Fuir ! fuir ! Mais où ? la lumière c’est la mort. La petite taupe se souvient qu’un soir d’antan, abandonnant la fournaise ardente de ses corridors, elle a voulu monter parmi la fraîcheur odorante des andains mouillés de rosée chercher un remède à sa souffrance. ”
