Résumé

Portrait de Camille Lemonnier Camille Lemonnier Histoire de huit bêtes et d'une poupée (1884)

Hé! de quel droit l'avait-il arraché à l'air, aux haies, aux verdures, ce misérable oiseleur de grand chemin? Est-
ce que, si petit qu'il soit, l'oiseau n'importe pas aux feuilles, au vent, à l'arbre qui sans lui serait sans voix? Est-ce que le ciel bleu n'a pas besoin de ses ailes déployées, de son chant sonore, du frémissement de ses plumes? A quoi, servirait la flaque miroitant sous bois, s'il n'était pas là pour y tremper le bec et pour y boire dans une goutte d'eau la rougeur du matin, l'or du midi, la tache profonde des feuillages tremblants?
Source : Gallica

Portrait de Camille Lemonnier Camille Lemonnier Histoire de huit bêtes et d'une poupée (1884)

La vision d'une foule qui acclame et tend les bras, reconnaissante, au bruit des cuivres et des tambours, dans l'air fumeux d'haleines et de poudre, passa-t-elle. sur ses prunelles éteintes?
Ce fut un réveil.
Murph se dressa sur ses pattes, fit un bond, parut en scène la queue battante, le front droit, Jack pendu à ses poils ; et tout heureux, tout étonné, tout émerveillé, le pauvre petit animal se penchait sur son camarade pour voir si c'était bien vrai, regardant au fond de ses yeux monter, grandir une clarté.
Source : Gallica

Portrait de Camille Lemonnier Camille Lemonnier Histoire de huit bêtes et d'une poupée (1884)

Pour être une brave bête de chien, on n'en est pas moins sujet à la vanité ; le moindre animal auquel se comparait Murph était le lion ; il en avait vu jadis dans une ménagerie foraine et il avait été frappé de sa propre ressemblance avec le porte-crinière. Hé! comme lui n'avait-il pas col fourré, queue velue et bourrelets aux pattes? N'avait-il pas aussi son port olympien et sa magnifique prestance? Un peu d'imagination aidant, Murph en était arrivé à penser que le lion était une dégénérescence du caniche.
Source : Gallica

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