Résumé

Émile Pourésy Les autres chez nous : choses vues… (1938)

Ne me parles plus des canaris. Ce sont des bourgeois, des capitalistes qui ont sacrifié ce que l'oiseau a de plus précieux au monde, sa liberté, pour être sûr d'avoir du chènevis sur la planche, de l'eau à proximité de son bec, d'avoir chaud pendant l'été et l'hiver, et un nid, fait sur mesure, pour y loger sa nichée. Tu trouves cela grand pour un oiseau ? Nous, les moineaux, nous préférons plutôt mourir que d'être prisonnier dans une cage, car notre humeur vagabonde ne peut pas se plier à de tels avantages pour une si grande déchéance. La liberté, pour un moineau, c'est sa raison de vivre.
Source : Gallica

Émile Pourésy Les autres chez nous : choses vues… (1938)

Ainsi, un jeune pinsonneau, fraîchement débarqué de son nid dans lequel il n'a vu venir à lui que le pinson et la pinsonne pendant les premières semaines de son existence, s'imaginait sans doute que, sur la terre et dans les airs, tout le monde ne formait qu'une seule et même famille. Désirant recevoir la pitance maternelle ou paternelle, s'adressa, les ailes battantes, le bec ouvert, à un voisin, un autre oiseau qui picorait, comme lui, devant la vérandha, réclamant, comme il l'avait déjà fait plusieurs fois, l'aumône d'une toute petite becquetée de vermisseau.
Source : Gallica

Émile Pourésy Les autres chez nous : choses vues… (1938)

Dans le parc, tout couvert de mousse épaisse, sous laquelle un sable hospitalier lui permet de se creuser une retraite calme, chaude et sûre, le lézard vert passe ses longues heures d'hiver dans un sommeil réparateur qui le prépare pour son œuvre saisonnière. Dès que les jours chauds ont attiédi le sable, il sort et prend ses aises au jardin, dans le parc, dans les allées, fuyant comme un poisson d'eau douce, à la première alerte, faisant plus de bruit pour se protéger qu'il n'en faut pour l'effrayer. Et il arrive que lorsqu'on passe à ses côtés, il fait peur à ceux dont il a peur lui-même.
Source : Gallica

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