Georges Yves

Résumé

Georges Yves Les mémoires d'un linot (1898)

Vois les jolies petites plumes grises, brunes et blanches qui couvrent son dos et ses ailes ! Non, assurément non, ce n'est pas un moineau !
— Ta, ta, ta, moineau ou autre, je vais le remettre dans son nid.
— Oh, non ! laisse-le moi, je t'en prie! Je lui ferai une pâtée avec des œufs et du lait, comme Églantine en fait pour les chardonnerets qu'elle élève.
— Voyons, Paule! sois raisonnable. Cet oiseau est trop jeune. Si tu le prends, il sera mort avant deux jours ; laisse-le grandir ; dans quinze jours, quand nous reviendrons, tu le prendras.
Source : Gallica

Georges Yves Les mémoires d'un linot (1898)

Vraiment, cet oiseau se débat comme un diable dans l'eau bénite, disait Alix à son oncle; j'ai toutes les peines du monde à l'empêcher de s'échapper.
Inconsciente fillette! Elle s'étonnait de ma lutte et ne se doutait pas qu'il y avait cruauté à m'enlever mon bien le plus cher : ma liberté ! Tous les enfants sont les mêmes: ils aiment, disent-ils, les petits oiseaux; cependant ils les font souffrir. Ils ne se contentent pas de les regarder, de les écouter, ils veulent surtout les posséder. Pour cela, ils les enferment et leur infligent par là un cruel martyre.
Source : Gallica

Georges Yves Les mémoires d'un linot (1898)

Viens, Jeanne, viens voir ce qu'il a fait.
Jeanne arriva et éclata de rire.
- Vois donc comme il est drôle avec ses plumes hérissées ! qu'il a l'air embarrassé ! ne le gronde pas, ma sœur, il ignore qu'il ne faut pas répandre d'eau sur les meubles.
— Soit, dit Paule très sérieusement, je ne le gronderai pas pour cette fois. Allons, dit-elle, en me flattant; viens ! je vais te donner à manger ; tu dois avoir faim.
En entendant parler de manger, je m'approchai vivement ; mais en voyant la pâtée jaunâtre qu'elle me présentait de nouveau au bout du petit bâton, je reculai.
Source : Gallica

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