A. de Beaulieu

Résumé

A. de Beaulieu Mémoires d'un passereau (1894)

Quand le dernier des trois tomba, ma malheureuse mère, épuisée d'angoisses, battit un instant des ailes, ferma les yeux, puis tomba dans le puits qui était au-dessous denons !
Pendant quelques secondes, mon père, haletant, la regarda disparaître dans l'eau. Ensuite, se rapprochant de moi, il me dit d'une voix sombre et étouffée : « Souviens-toi toujours que le bien vient d'en haut, et le mal d'en bas!. »
Aussitôt, il s'élança dans les airs, avec une terrible rapidité, sembla vouloir s'élever jusqu'à la nue, et redescendit dans un vol désespéré.
Source : Gallica

A. de Beaulieu Mémoires d'un passereau (1894)

Que la solidité et la puissance de ta végétation affrontent constamment, et avec sérénité, tous les orages et toutes les intempéries !
Que les rayons du soleil et les tièdes pluies de l'été descendent alternativement de ta cime jusqu'à tes racines pour te féconder !
Et puisse aussi la gelée de l'hiver épargner toujours ta sève et tes charmants rameaux!
Adieu, ô mon noble et dernier ami! Adieu et merci pour moi et pour ma douce Tili que tu abrites avec moi!
Source : Gallica

A. de Beaulieu Mémoires d'un passereau (1894)

L'atmosphère, très voilée, était chargée d'un brouillard sinistre, qui tombait en verglas et roidissait les ailes des oiseaux.
De notre cachette, nous apercevions au dehors, sur la neige, des passereaux inanimés, tués par la faim et les intempéries.
Ma pauvre Tili essaya plusieurs fois, mais en vain, de se soulever ; elle s'affaissait toujours, épuisée de privations et de stériles fatigues. Elle continua à lutter contre sa faiblesse, avec cette courageuse abnégation qui fait des prodiges, quand elle part du cœur.
Source : Gallica

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