Résumé

Portrait de Émile Senart Émile Senart Essai sur la légende du Buddha

L’alliage merveilleux n’est pas plus démonstratif contre la valeur historique des autres parties, que ne l’est, contre l’interprétation mythologique, la présence d’un certain nombre de traits irréductibles, dont le caractère possible, réaliste, ne justifie à première vue aucun soupçon. Il n’y a point d’histoire qui n’ait ses légendes ; il n’est point de légende que l’evhémérisme ancien ou moderne n’ait, à son heure, érigée en histoire véridique.
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Portrait de Émile Senart Émile Senart Essai sur la légende du Buddha

Nous allons constater que la légende du Buddha ne représente pas une simple agrégation de contes plus ou moins étranges, groupés par les caprices de la fantaisie populaire, comme serait, je suppose, une collection de jâtakas. Elle n’est pas un assemblage d’emprunts disparates. Elle offre au contraire tous les caractères d’une unité, non point imposée aux épisodes mais inhérente à leur origine, non point arbitrairement réalisée dans le Buddha, mais supérieure à sa personne.
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Elle conserve donc toute son autorité non pas seulement vis-à-vis d’une version en particulier, mais à l’égard de toutes les versions, si condensées qu’elles puissent être. Cette unité est essentielle à la tradition ; elle la domine tout entière. Elle prouve que, si des souvenirs historiques ont pu se mêler à la trame légendaire, ils n’en ont pu être le cadre primitif, puisque, sous des formes ou identiques ou très voisines, la légende existe en dehors d’eux, dans des cycles brâhmaniques sur lesquels, de l’aveu de tous, ils n’ont exercé aucun action.
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