“ Vyâkarana. — Si le présent est le produit du passé, il est aussi le producteur de l’avenir ; il est « gros de l’avenir », comme disait Leibniz. De même que les événements d’aujourd’hui sont la conséquence des actions d’autrefois, les actions présentes sont la cause des événements futurs ; et le Buddha omniscient, qui voit le passé connue dans un miroir, y lit aussi l’avenir. De là une série d’instructions qui relient le présent au futur et de textes dans lesquels le récit du temps passé est remplacé par une prédiction. ”
Résumé
“Avadâna-Çataka”, est une œuvre de . Des thèmes tels que récits, Avadâna-Çataka ou recueils y sont abordés.
Citations de Avadâna-Çataka ()
“ IV. fréquentation d’un ami vertueux Voici, Bhixus, ce que vous avez à apjiroadre : Nous vivrons avec des amis vertueux, des compagnons vertueux, (des lujmines) liés à la vertu ; nous ne vivrons pas avec des amis vicieux, des compagnons vicieux, (des hommes) liés au vice. Voilà, Bhixus, ce qu’il vous faut apprendre. Alors l’Avusmat Ananda parla ainsi à Bhagavat : Vénérable, quand je me trouvais ici seul, dans la retrailo. ”
“ C’est là ce qu’on appelle la proclamation de supériorité du Buddha. Qu’est-ce que la proclamation de supériorité do la Loi ? Si, parmi les lois du Buddha, parfaites ou imparfaites, la loi exempte d’attachement a été proclamée supérieure (à toutes) , ceux qui auront éprouvé de bonnes dispositions envers la loi auront éprouvé ces bonnes dispositions à un degré supérieur ; comme ils les auront éprouvées à un degré supérieur, ils doivent en attendre aussi une maturation à un degré supérieur, soit qu’ils deviennent dieux parmi les dieux, soit qu’ils deviennent hommes parmi les hommes. ”
“ La divinité vient au premier rang, parce que les habitants du Ciel sont plus heureux, plus tranquilles que ceux de la terre : mais la véritable supériorité appartient à l’humanité ; car c’est surtout par elle qu’on obtient la délivrance finale, c’est par elle exclusivement qu’on s’élève à la dignité de Buddha. On verra tout à l’heure comment ces différentes conditions sont réparties dans l’Avadâna-Çataka, dont nous avons maintenant à faire connaître le plan ou l’économie. ”
“ La stance finale est la même pour tous ces textes ; car la conclusion ne varie pas, les héros étant tous des Arhats arrivés à la perfection. C’est sans doute à cause de cela que l’on a traduit Apadâna par «action héroïque, action glorieuse » et Bôhtlingk, dans son Dictionnaire sanskrit, donne ce même sens au mot Avadâna. Mais il s’en faut que les actes racontés dans les Avadânas sanskrits soient tous des actions héroïques ; ces récits nous montrent à la fois le bien et le mal, la récompense de la vertu l’t la punition du vice. ”
“ Faut-il donc absolument un si long espace de temps pour que les conséquences d’un acte se produisent ? Les Bouddhistes eux-mêmes, malgré le plaisir qu’ils éprouvent à compter les années par milliers et par millions, précipitent quelquefois le cours des événements ; et nous avons plusieurs textes où il n’y a ni récit du temps passé, ni prédiction, mais où l’acte est suivi de sa punition ou de sa récompense en très peu de temps et quelquefois du jour au lendemain. Nous donnerons le nom d’« Avadànas du présent » à ces récits dans lesquels le plan habituel des Avadànas est légèrement modifié. ”
“ Mais parce que les êtres ne connaissent pas le fruit du don, la maturité du fruit du don et du partage, comme je connais, moi, le fruit du don, la maturité du fruit du don et du partage, ils mangent sans avoir donné, sans avoir partagé, avec un esprit de rapacité ”
“ C’est lui qui a fait, accumulé ces actes ; quel autre pourrait en recueillir le fruit ? Oui. Bhixus, les actes qu’on a faits, accumulés, ne mûrissent pas en dehors (de l’individu, ils ne mûrissent) ni dans l’élément terrestre, ni dans l’élément aqueux, ni dans l’élément de la lumière, ni dans l’élément du feu, ni dans l’élément du vent. C’est dans l’élément du Skandha, dans les Ayâtanas que mûrissent les actes qu’on a faits et accomplis. Vertueux ou vicieux, les actes ne périront jamais, même après des centaines de Kalpas. ”
“ Car, si je ne seconde pas le « mouvement bouddhiste », je ne le combats pas non plus ; je suis à côté, et en dehors. J’ai pu commettre des erreurs, je n’ai pas, en plus d’une circonstance, dissimulé mes incertitudes ; mais je ne crains pas d’affirmer qu’un ne trouvera point, dans ce volume, un seul mot qui puisse être considéré comme appartenant à un plaidoyer pour ou contre le Bouddhisme, et qui aille à l’encontre de l’impartialité recommandée par le précepte inscrit au frontispice de ce volume : Examiner toutes choses, retenir ce qui est bon. ”
“ Quand tout est au complet, que le temps est venu, ils portent leurs fruits, certes, pour les êtres corporels [2] . 13. RENAISSANCE CHEZ LES DIEUX ET VISITE AU BUDDHA [3] C’est la règle que, peu de temps après la renaissance d’un fils des dieux ou d’une fille des dieux, ces trois pensées lui viennent à l’esprit : D’où suis-je déchu ? Où suis-je rené ? En vertu de quel acte (cela s’est-il fait) ? Il (ou elle) regarde : Je suis déchu du monde des... je suis rené chez les dieux Trayas-trimçat ; c’est par suite du mouvement d’une bonne pensée envers Bhagavat. ”
“ Avadâna-sâra. — Le recueil intitulé : Avadâna-sàra-samuccaya, « Accumulation de la moelle des Avadànas », connu seulement, je crois, par un Ms. incomplet de Cambridge [2] , renferme 13 textes, dont 10 sont expressément dénommés Jâtaka et dont plusieurs se retrouvent ailleurs. Inutile d’insister. ”
“ Tout cela est conforme à l’économie des recueils méridionaux. Chaque décade a un caractère particulier qui rend semblables entre eux les héros des récits qui la composent. Les quatre premières sont consacrées aux Buddhas et aux Pratyekabuddhas, les quatre dernières aux Arhats, c’est-à-dire que les huit dixièmes de la compilation exaltent l’humanité. Deux décades seulement, les décades centrales V et VI, sont réservées à la divinité, à l’animalité, aux Prêtas. Il n’y a rien pour l’Enfer. Certains personnages sont représentés comme y étant allés ou devant y aller ”
“ C’est que le paresseux reste (rivé) à la douleur, submergé dans les lois du péché contraires à la vertu, unies aux kleças, à la reiuiissance, à la tristesse, à la maturation de la douleur, et, yav conséquent, à la naissance, à la vieillesse et à la mort, en sorte qu’on manque le but si important que l’on poursuit ”
“ C’est en 1844 que Burnouf annonçait la traduction de ces deux chapitres. Ou l’a retrouvée ; on n’a rien trouvé de plus ; d’où nous pouvons conclure que, dès 1S44, il avait abandonné le travail commencé. ”
“ Voilà [Bhixus] , une jiarole du plus grand jaix : le maitre présent et la loi qui calme les peines en les faisant coniuiitre (à fond) , qui révèle le Nirvana complet qui conduit à la Bodhi parfaite enseignée par le Sugata. ”
“ Divya-avâdana. — Le Divya-avàdana, qu’Eug. Burnouf a contribué à faire connaître par de nombreux extraits, et dont M. le professeur Cowell, avec le concours de M. Neil, a publié le texte sanskrit à Cambridge en 1880, est un recueil célèbre. Les 38 récits qui le composent ne sont pas divisés en décades ni encadrés dans un dialogue ; il ne sont pas toujours conçus dans la forme régulière que nous avons donnée comme le type des Avadànas ; il on est de forts longs et qui constituent des groupes. Une partie de ce recueil es^t en relation étroite avec l’Açoka-avadàna-màlà ”
“ Le Karma-çataka a beaucoup de ressemblance avec l’Avadâna-Çataka. Les matières y sont classées moins méthodiquement : mais les analogies sont nombreuses ; le plus grand nombre des héros des récits deviennent Arhats. La VIIIe décade répond à la Ire de l'Avadâna-Çataka ; la Bodhi y est prédite à 11 personnages dont 4 sont communs aux deux recueils ”
“ C’est que, Ânanda, en venant à moi (qui suis) l’ami vertueux (par excellence) , tous les êtres soumis à la loi de la renaissance sont entièrement délivrés de la loi de la renaissance, et les êtres soumis à la loi de la vieillesse, de la maladie, de la mort, de la douleur, de la laiinMitation, de la souffrance, du 1* Ce sûtra est unique, c’est-à-dire qu"il se trouve une seule fois dans nos leïtes ”
“ Le système de l’Avadâna-Çataka, qui met dans une même décade des récits du même genre dont les héros ont entre eux des analogies, semble bien naturel. Pourquoi les recueils versifiés mclenl-ils les récits des diverses décades tout eu suivant l’ordre de ces décades ? L’auteur de ces recueils a-t-il pris sur lui d-’ changer la disposition des récits, ou a-t-il suivi l’ordre qui lui était indiqué par un ouvrage préexistant, lequel serait cette rédaction primitive de l’Avadâna-Çataka dont nous parlions tout à l’heure ? ”
“ Ici encore nous sommes amenés à l’hypothèse d’une rédaction de l’Avadàna-Gataka antérieure à celle qui nous est parvenue. Cette rédaction aurait eu pour cadre un dialogue entre Açoka et Upagupta, les récits se présentant soit dans l’ordre où nous les donnent les récits versifiés soit dans l’ordre de notre Avadàna-Çataka, les Jàtakas de la IV" décade étant rejetés à la fin ”
“ Il est à peu près impossible de citer des mots des langues de l’Orient (peut-être même d’une langue quelconque) en conservant à nos lettres la valeur et même la forme que nous leur donnons dans la notre. On ne peut éviter de les moditiin’ d’une manière ou d’une autre, principalement en les «pointant », d’attribuer soit aux lettres ainsi modifiées, soit à plusieurs décolles qui ne changiMit point, une valour conventionnelle. ”
“ Est-ce que l’initiation sera pour nous un avantage, sérieux, fructueux, une source de bonheur, une cause de maturation du bonheur ? et pour ceux qui nous feront jouir de leurs (aumônes en) vêtements, boulettes de riz, sièges, rafraîchissements, remèdes, ornements (ou ustensiles) , pour ceux-là aussi les offrandes qu’ils nous feront ajipnrteront- elles les grands fruits d’une extrême utilité, de grands avantages (des ravuns de clarté ?) un grand développement ? — Voilà, Bhixus, ce qu’il vous faut apprendre^^1. ”
“ Cinq conditions indépendantes existent en chaque individu féminin dont la nature est celle des savants ; il cunnait rhumme passionné, il connaît riionnne exempt de passion, il connaît le temps, il connaît h’s menstrues, il connaît la descenti’ du fœtus. Du niunient où il cuunait l’entrée du fœtus, il sait si ce sera un fils nu une fille ; si c’est un fils, il rejjose sur le coté droit, si c’est une fille, il repose sur le cùté gauche. ”
“ La présence de cet élément suffit pour constituer un genre spécial et différencier les textes où il se trouve des autres textes auxquels ceux-ci peuvent être mêlés soit dans la section Vinaya, soit dans la section Sûtra. Jâtaka. — Le Buddha, se rappelant non seulement .son propre passé, mais aussi celui des autres, raconte tantôt di_^s faits auxquels il a jiris part, tantôt des faits auxquels il est demeuré étranger ; c’est tout naturel : mais il y a là, pour les Bouddhistes, un distinguo d’une extrême conséquence. ”
“ Ou bien (dit-il aussi) , ceci n’étant pas, cela n’est pas ; par la suppression de ceci cela est supprimé ; ainsi de la suppression de l’ignorance vient la suppression des Sanskàras, de la suppression des Sanskàras la suppression de la conscience, de la suppression de la conscience la suppression du nom et de 1 Ce sûtra qui sert de conclusion ou de morale à deux récits de l’Avadâna-Çataka (37 et 40) n’y est point qualifié sûtra ; mais le même texte figure dans le Kandjour (Mdo. vol. XXV à la fin) , comme un sûtra en règle et il a son équivalent en pâli. ”
“ C’est que, Ananda, une amitié vertueuse, une société vertueuse, une liaison vertueuse, c’est la pureté tout entière, absolue, accomplie, parfaitement pure, parfaitement saind’ ; il e :i e>t tout autrement d’une amitié vicieuse, d’une société vicieuse, d’une liaison vicieuse. ”
“ Si l’on s’en rapporte au Rilna-avadàna-uiàlà il ne le désignerait pas ; car l’iuslruction rapportée dans le récit de ce recueil correspondant au Iroisieme récit de lAvadàna-Çalaka n’est pas l’équivalent du sûtra reproduit dans le quatre-vingt-huitième. ↑ Quand le Buddha parle de soi-même, le développement s’arrête ici, et il ajoute : c’est pour cela que le Tathâgata reçoit un tel culte. Vous désirez l’entendre, Bhixus ? — Oui. vénérable. — Écoutez donc, Bhixus, et retenez-le bien et comme il faut. Je vais parler. ”
“ L’Avadàna est donc un genre bii>n caractérisé ; et je ne puis me ranger à l’opinion de Burnouf <{ui a cru voir, dans les recueils d’Avadàiias, li’ Mnaja (ou la Discipline) du canon népalais. Le Vinaya est proprement l’enseujble des règlements donnés à la Cnnfrérie bouddhique par son fundateur. ”
“ Sans doute ils réclament souvent les éclaircissements d’un commentaire ; cependant, ils se comprennent par eux-mêmes. On aura remarqué en même temps que leur ordonnance n’est pas du tout celle de nos Avadânas sanskrits ; et il y a lieu de croire que le commentaire (qui nous manque et que nous ne connaissons pas) ne les en rapproche guère. Malheureusement ils s’en éloignent encore jiar le fond autant que par la forme. Plusieurs textes de l’Apadâna ont même titre que certains de nos Avadânas et se ra}) port<’nt visibliîment aux mêmes personnages ”
“ H avait même entrepris, sans doute pour la publier, la traduction cijini>lcte du r.’cueil. Car il s’exprime ainsi à la page 7 ( (J de la réimpression) dudit ouvrag (.’ : Le vingt-neuvicnie Vdiumc (du Kandjour) donne une version tibétaine très littérale, ainsi que je l’ai vérifié moi-même, d’un recueil de légendes intitulé Avadàna -Çafaka, dont je m’occuperai ailleurs plus en détail, et dont j’ai déjà traduit deux livres. Nous savons maintenant lesquels ; ce sont le premier et le dernier. ”
“ IV. — Les recueils congénères IjC rrufiriiie n’cH . — Go récit centième est tout à fait anormal. Tandis que les héros de tous les autres sont des contempjorains do Çàkvamuni, celui du centième lui est postérieur de deux siècles. Mais on raLlaclie son histoire au temps du Buddha, au moyen du récit d’un acte méritoir (^ qu’il avait fait peu après le Nirvana, et auquel il devait l’acquisition de ; la Bodhi au temps d’Açoka (riiistoiro de cette bonne action répondant au récit du temps passé des autres textes, bien que contemporaine des faits racimtés dans leurs récits du temps présent) . ”
“ Il est divisé en décades ; mais le total des récits est di’ 12.’ !. chaque décade cemlireiuuit 12 récits en moyenne : ce qui n’a rien d’étonnant et est habituel dans les compilations méridionales, où le système décadaire est adopté, mais où bien des chapitres renferment un, deux, trois ou même quatre textes de Ann. ”
“ Traduction tibétaine. — Elle n’est malheureusenient pas reproduite à la tîn de la traduction tibétaine de l’Avadàna-Çataka. Cette traduction (|ui remplit presque tout le 29e volume de la section Mdo du Kandjour (f"^ 1-422) est, comme toujours, très fidèle et littérale. Cependant, sur quelques points, elle ne concorde pas avec le sanskrit ; dansdi/uxou trois récits la rédaction varie sensiblement. ”
“ Agni^^3 est avec les familles dans lesquelles le père et la mère sont parfaitement considérés et honorés et reçoivent des offrandes qui leur apportent un bien-être parfait. Pourquoi cela ? C’est que. pour le fils di> famille, le père et la mère deviennent comme deux (véritalil -s) Agni, coiiAjrmément à la loi. ”
Termes fréquents
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