“ « Arhat, dit-il, est celui qui a complètement détruit le klêça ou la passion, et qui conséquemment est préparé pour le Nirvâṇa. C’est la première des neuf qualités éminentes d’un Buddha, dites navaguna [13] . » Cette interprétation systématique du mot arhat, qui a son origine dans les sources indiennes, est passée de là dans les traductions qu’en ont faites les peuples chez lesquels s’est introduit le Buddhisme. Ainsi les Tibétains traduisent uniformément le titre de arhat par dgra-btchom-pa, « le vainqueur de l’ennemi. » ”
Arhat
Définition et enjeux
L'arhat désigne, dans le bouddhisme, un disciple ayant atteint un niveau élevé d'éveil, libéré des passions et capable d'atteindre le Nirvâṇa. Des auteurs tels qu'Eugène Burnouf ou Alfred Foucher soulignent ses dimensions spirituelles et ascétiques, tandis qu'Antoine de La Mazelière met en avant ses capacités surnaturelles.
Des textes comme Le Lotus de la bonne loi interprètent le terme comme « vainqueur de l'ennemi », faisant référence à la destruction des illusions. Cette figure, à la fois idéale et concrète, révèle une pluralité d'interprétations concernant la libération.
Citations sur “Arhat”
“ Le mot Arhat, qui signifie vénérable ou digne personnage, désigne l’homme parvenu au degré le plus élevé parmi les Religieux ou bhikchus. J’ai dit ailleurs que les Buddhistes de toutes les écoles, ceux du Nord, comme ceux du Sud, interprétaient ce mot comme s’il était écrit ari-hat, meurtrier de l’ennemi [12] . » Clough, dans son Dictionnaire singhalais, donne les deux interprétations, celle que fournit la grammaire sanscrite et celle qu’ont adoptée les Buddhistes ; il tire en effet arhat de arh, « mériter, » ou de ari, « l’ennemi, » c’est-à-dire les passions, et hat, « celui qui détruit. » ”
Antoine de La Mazelière, Moines et ascètes indiens, essai sur les caves d'Ajantâ et les couvents bouddhistes des Indes… (1898)
“ Délivré de l'illusion qui nous fait croire à la réalité du monde, il n'est plus un homme, mais un Arhat, affranchi de la naissance et de la mort. Que peuvent toutes les inventions de la cruauté contre celui qui n'a que l'apparence d'un corps? On le précipite dans une cuve remplie d'huile bouillante, et voilà que cette huile se change en eau fraîche, que sur cette eau flotte un lotus, dont les pétales entr'ouverts portent le saint en extase. ”
