Résumé

Le sang de ton frère crie : scènes de la tragédie arménienne

Houmaïak se tait et regarde par la fenêtre d'un air indifférent. Il fait comme s'il n'avait pas du tout entendu la dernière phrase.
Garekine Effendi répète sa demande et Houmaïak est obligé de tourner un peu la tête. Il regarde l'étranger, par politesse, mais il reste muet comme un poisson.
« Mon enfant, » dit Hassan bey doucement en échangeant un regard avec Garekine Effendi, « tu ne dois pas avoir peur de moi. Je ne te ferai point de mal, ni à toi, ni aux tiens. »
« Peur, » murmure le garçon. Le masque d'indifférence s'est éclairé d'une lueur de mépris et de fierté.
Source : Gallica

Le sang de ton frère crie : scènes de la tragédie arménienne

Un peuple peut croître d'une poignée. N'est-ce pas ainsi qu'il a dit ?
Houmaïak serre les paupières. Lui aussi peut rêver. Quelles choses extraordinaires il voit! Est-ce peut-être parce qu'il a faim? Car c'est une chose qu'il ne veut avouer à personne: il a faim; il a faim depuis que le vieux Mihran agha est mort.
Distinctement, il voit devant lui des silhouettes qui s'agitent dans le lointain, au milieu d'une sombre forêt de montagnes. Toutes sont maigres comme des squelettes. Des milliers d'étoiles scintillent au-dessus de leurs têtes dans la nuit profonde.
Source : Gallica

Le sang de ton frère crie : scènes de la tragédie arménienne

As-tu pu arriver où tu voulais? Es-tu au front russe, Karnig?
Il serre avec rage ses mains fermées, et la pâleur se répand sur ses traits : — Prends-moi aussi, Karnig, prends-moi aussi! Laisse-moi me battre! Laisse-moi aussi aller les tuer! J'ai douze ans!
Oui, il veut chanter ! de nouveau chanter son chant favori : celui de la révolte de Zeïtoun1.
Le regard perdu dans le lointain, le visage éclairé dans une sorte d'extase, Houmaïak chante à pleins poumons l'hymne de la liberté, de la révolte et de la victoire...
Houmaiak a tout oublié: la faim, le chagrin, la misère...
Source : Gallica

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