“ Cet énoncé doit être fautif, car outre que les mains n’ont rien à faire en cet endroit, le mot sama, « uni, » qui est indispensable à la description, manque complètement ; or ce que la description veut dire ici, c’est que l’homme dont il est question est parfaitement droit sur ses jambes, et que ses pieds sont unis. Les quatre listes du Sud, unanimes comme dans le plus grand nombre de cas, donnent exactement la même interprétation que celle du Lalita vistara. ”
Citations sur “Lalita Vistara”
William de La Rive, La Marquise de Clérol, par William de La Rive (1868)
“ Le vicomte de Laïta est charmant ; il cause si bien ! puis il est si comme il faut ! Avec sa perspicacité habituelle : – Et surtout, ajouta madame Corbier, il a tant de sensibilité ! Après le dîner, Laïta s'approcha d'Olga, qui, à un angle de la cheminée, renversée dans une dormeuse, rôtissait les semelles de ses bottines à la flamme haute et claire d'un de ces grands feux de sarments, premiers sourires de l'automne. Il s'adossa contre le chambranle, et, se penchant vers la jeune femme : – Il faut, dit-il à demi-voix, que je vous rende compte de l'emploi de ma journée. ”
Charles Silvestre,
Prodige du cœur
(1954)
“ Si l'enfant revenait dans la ville, que ses yeux à peine ouverts n'avaient pu voir, ne serait-il pas de nouveau en danger. Mme Lautier ne faisait pas connaître sa volonté. Peut-être laisserait-elle Simon encore aux Ages où la vie était facile. Là-bas, il fallait des poignées d'argent. Et Claire formait des rêves où tout s'arrangeait comme dans les contes de fées. Les médecins exigeraient qu'il restât à la campagne où l'air était pur et décideraient qu'il ne pouvait vivre à Paris. Ou bien Mme Lautier serait tout à coup charmée par ce pays de Bonnal, et elle ne voudrait plus le quitter. ”
William de La Rive, La Marquise de Clérol, par William de La Rive (1868)
“ Laïta écouta, sans sourciller, cette longue tirade. – Vous êtes, dit-il gravement, l'homme le plus blasé que je connaisse. – Voyons, reprit Henri, à qui l'accusation d'être blasé fit monter au visage le rouge de la joie. Voyons, voulez-vous que nous procédions à un bézigue ? Non ? Au reste, autant s'ennuyer seul qu'à deux, et il alla faire un tour, le quatrième de la journée, dans les écuries. Laïta ne s'ennuyait pas, parce qu'il avait une occupation, l'occupation de l'araignée. Il tendait les fils de la toile dans laquelle se prendrait, une fois ou l'autre, madame de Clérol. ”
L. Savary, La Tour de la lanterne (1906)
“ Lottie a vingt-deux mois, elle commence à jaser ; tout sourit à l’enfant, lorsque Liette est près d’elle. Elles font ensemble, chaque jour, de belles promenades et ne retournent l’une et l’autre qu’à contre-cœur au cottage rejoindre la morose grand’mère, qui trouve les absences toujours trop longues pour sa solitude et son bien-être. ”
L. Savary, La Tour de la lanterne (1906)
“ Le malheur et la mort, qui semblent frapper sans relâche la famille Moore, viennent encore de faire une victime ; et Liette, en ses vetements de deuil, pleure la pauvre Edith, enlevée inopinément à son mari et à sa mère, en donnant le jour a une petite fille. Mais la petite Lottie ne sentira pan la perte eruelle qu’elle a faite, car Liette s’est donnée tout entière à la mignonne créature ; elle en est devenue la mère attentive et dévouée. Cette bonte incessante pour la petite orpheline comble de reconnaissance Harris Dillon. ”
L. Savary, La Tour de la lanterne (1906)
“ Un mot encore, dit-elle, pour assurer ma tranquillité : Prenez Lottie près de vous ; ne la laissez pas avec cette femme sans cœur, pétrie d’égoïsme et de fiel ; elle ne saurait élever cette enfant, Cette physionomie sévère, ce regard de vieille femme, dur, sec et fatal, attristent les petits et les rendent malheureux. J’en sais quelque chose... éloignez Lottie de ce cauchemar de ma jeunesse. — Vous serez écoutée, Liette, répondit Harris, très pénétré des observations de la jeune fille. Demain soir Lottie couchera sous mon toit. ”
L. Savary, La Tour de la lanterne (1906)
“ Lorsque Lottie est couchée, Liette travaille alors sans relâche à son métier : puis va de temps en temps à la ville, comme le faisait autrefois Edith, pour y porter l’ouvrage. C’est elle encore qui cultive le jardin. Cette vie vulgaire, monotone et de travaux pénibles, ne correspond pas à l’élément intime de sa personne ; rien en elle ne lui fait comprendre, ni aimer les occupations et les brumes de cette terre froide, où la fatalité l’a jetée toute petite fille. ”
L. Savary, La Tour de la lanterne (1906)
“ Oui, nia chère Liette, répond le jeune homme. Harris lui-même qui vient vous chercher pour vous enlever à vos rêves douloureux. Le bonheur que vous vous épuisez à vainement poursuivre, je viens vous l’apporter. N’est-il pas là où est notre cœur ? Ne le cherchez pas ailleurs. Vous êtes bien seule dans la vie, dit-il, en regardant autour de lui ; retournons vers les brumes anglaises où Lottie ne cesse de vous appeler. ”
“ Et puis vint ce moment où Isabelle dit tout bas, d’une voix inquiète : — Il se fatigue. Elle le mène à un train d’enfer. Et le cœur du Corbiau, sans qu’elle sût encore pourquoi, frappa dans sa poitrine le premier coup du tocsin. À présent, tout le monde voyait que M. Jasmyn n’en pouvait plus. La salle entière était figée par une gêne grandissante. Au milieu de l’espace vide, entre les chaises, il y avait cette arabesque noire et rose et rouge qui précipitait le mouvement de ses lignes et la voix de Nina, ailée, survolant l’essoufflement, survolant sa propre danse : Anda ! Anda ! ”
L. Savary, La Tour de la lanterne (1906)
“ Non, c’est un domestique âgé, vêtu d’un sale gilet à manches ; qui d’une voix d’asthmatique lui demande ce qu’elle veut. « Je désire parler à M. ou Mme Maurel, ou s’ils sont absents, à leurs enfants », répond Liette, en s’avançant dans le vestibule. Le serviteur n’a pas bougé. Il ne connaît pas, les personnes qu’on lui demande, et l’accent étranger de la jeune fille le mettant en défiance, il l’empêche d’avancer. Liette est devant la porte ouverte de la vaste salle à manger qu’elle reconnaît bien, et où toute fillette elle s’est tant musée. ”
William de La Rive, La Marquise de Clérol, par William de La Rive (1868)
“ Après quoi, il passerait le reste de sa vie à savourer les ineffables douceurs d'une quiétude qui, en ce moment, lui semblait constituer le bonheur suprême. C'était ainsi que toutes les préoccupations de Laïta aboutissaient à une préoccupation principale : à Olga et, par ricochet, à Michel. Ce qu'un aussi pauvre observateur qu'Henri avait remarqué ne pouvait avoir échappé à un homme dont une vie accidentée et l'habitude d'un monde interlope avait aiguisé la sagacité naturelle. ”
L. Savary, La Tour de la lanterne (1906)
“ Je me demande pourquoi, en la voyant et en l’écoutant, vous ne vous sentiriez pas, comme moi, pris d’une pitié et d’une admiration profondes pour son courage persévérant et la ténacité de son cœur affectueux. » Et devant l’étonnement de tous, il continua : « Nier sans examen est facile. Cela met à l’abri des preuves gênantes (car il y en a) , et vous les auriez vues aussi si vous l’aviez seulement regardée. Où donc une fausse Liette aurait-elle pris cette ressemblance frappante avec sa grand’mère, ses yeux et son regard ? » ”
L. Savary, La Tour de la lanterne (1906)
“ N’a-t-elle pas abandonné Lottie et Harris ? Harris !... cet ami incomparable, ne l’a-t-elle pas volontairement laissé inconsolable dans son profond chagrin ? Non, elle ne s’abandonnera pas encore à la défaillance et refoulera à plus tard les plaintes de son âme. Liette en était là de mes pensées, lorsqu’un gémissement prolongé, non loin d’elle, parvint à son oreille. Elle s’arrêta, regarda de tous côtés et aperçut, à quelques pas sur le bord du chemin qu’elle suivait, un pauvre vieux couché à terre, comme une loque Elle aperçut un pauvre vieux couché à terre. ”
Pierre Bion, L'anneau impérial (1864)
“ Laetitia est assez expansive, mais elle sait peu de chose, les conspirations se font à son insu. Heureusement que Sécondina, la pieuse esclave de confiance de l'impératrice, est plus vigilante, plus adroite et plus zélée que moi : ne pouvant rien apprendre de la bouche de Laetitia, la bonne esclave se hasarde dans des exploits où sa vie est fortement en péril, mais où aussi elle travaille pour la cause de l'Eglise. ”
L. Savary, La Tour de la lanterne (1906)
“ Personne ne parla plus de Liette ; personne n’eut l’air de s’en préoccuper. Les Dillon partis, Edith, sans la moindre inquiétude, ferma les portes et les volets de la maison. Mrs Moore et sa fille étaient couchées, lorsque Liette, rompue de fatigue, entra dans le triste logis, si étranger à son âme et à son cœur. ”
Charles Silvestre,
Prodige du cœur
(1926)
“ Des genièvres échappaient à la griffe des ajoncs, dans un étincellement de givre. On approchait des Ages. L’âne penchait sa grosse tête comme s’il allait faire la culbute, et il soufflait, exhorté par Claire qui le piquait d’un bâton muni d’une pointe aiguisée. L’horizon se découvrait davantage, l’air devenait plus vif. Le charreton tourna dans la cour. Louise Lautier sauta légèrement à terre et prit dans ses bras Simon.Claire appela Jacquier qui détela; il affecta de ne pas voir Mme Lautier ”
L. Savary, La Tour de la lanterne (1906)
“ Oh ! que Liette est bien la tête, penchée sur l’épaule de sa grand’- mère, qui lui passe comme autrefois ses doigts caressants dans les cheveux ; et c’est en versant de bien douces larmes qu’elle la presse sur-son cœur. N’est-ce pas sa Liette, sa petite-fille chérie qu’elle vient enfin de retrouver ? ”
Simonne Ratel,
Trois parmi les autres
(1929)
“ Il me fait part de son mariage avec Olga. — Non ! Ce n’est pas possible ! — C’est fait. Lis. Annonciade lut : « Ma chère enfant, « Je viens te faire part d’un événement dont tu accueilleras, je l’espère, la nouvelle avec plaisir, si tu es soucieuse de mon bonheur. Après mûre réflexion, je me suis décidé à refaire ma vie avec une jeune femme que j’aime et dont je suis aimé... » — Et dont je suis aimé ! souligna Antoinette avec un rire féroce... Admirable... On devrait décorer ces filles-là du Mérite agricole. Elles n’ont pas leur pareil pour changer un homme en veau. ”
L. Savary, La Tour de la lanterne (1906)
“ Oui, il faut inlerroger Liette avec précision, et l’oncle Baude-Isart est là pour cet interrogatoire. Liette ne voit, ni ne comprend les pièges que lui tend cet homme qui, on ne sait pourquoi, ne l’a jamais aimée. Elle raconte sa disparition, mais d’une façon incomplète, car elle ne se rappelle pas comment elle s’est retrouvée dans l’île de Man. Elle ne peut expliquer non plus la légère balafre qui lui coupe la figure, et quand on lui demande le nom des gens qui l’ont élevée, elle ne veut pas nommer Mrs Moore, dans la crainte des mensonges que pourrait faire cette femme. ”
Henri Ardel,
Le chemin qui descend
“ Puis, tranquillement, elle dit, tiraillant une petite mèche sur la nuque de Lola, assise à ses pieds:—Tu crois, Lolita, qu'elle est sa maîtresse?—Ça, non, je ne crois pas!—Pourquoi?—A la façon dont il tourne autour d'elle, il ne paraît pas un homme arrivé à ses fins... Mais pour «ses fins...» il les a dans la cervelle... ou ailleurs!...—Lola!... oh! Lolita!... fit Charlotte en riant, que tu es inconvenante! Tu as les yeux horriblement ouverts pour une gamine! C'est drôle, mais je n'avais pas eu du tout ton idée au sujet de Claude Suzore et de Raymond!... ”
Charles Silvestre,
Prodige du cœur
(1954)
“ Simon s'enhardit peu à peu. Il dit, tout à coup, les yeux écarquillés : — C'est bien vrai que tu es ma maman? Il caressait le doux corsage où le cou blanc se gonflait, découvert jusqu'à la naissance de la gorge. — Comme tu es habillée, comme tu sens bon !... Il n'y a pas de pralines comme ça chez l'épicière. Elles ne peuvent pas fondre. Jeannette venait de plumer un poulet et, tandis qu'elle le vidait, elle regardait avec une brûlante curiosité Louise Lautier. Quand elle glissa la broche sur les landiers, elle dit un bonjour en allongeant, les lèvres en godet comme pour le retenir. ”
Simonne Ratel,
Trois parmi les autres
(1929)
“ Antoinette contemplait fixement la nappe en faisant sauter une miette de pain du bout de son couteau. Mais à la place des carreaux bleus et blancs elle voyait la bouche étrangement charnue et fraîche, la bouche de vampire de la maigre Olga, et la face de son père, creusée de plis récents, avec ce regard qu’il avait pris depuis peu, les prunelles semblables à un clou noir qui rivait à l’iris une expression de convoitise hallucinée.... Oh ! certes, une femme d’intérieur parfaite !... ”
L. Savary, La Tour de la lanterne (1906)
“ « Venez par ici, dit la servante, en ouvrant la porte de la salle à manger. Monsieur est de l’autre côté, ajouta-t-elle, un peu bas. — Je voudrais bien le voir, demanda Liette. — Tout à l’heure, si madame le permet, répondit la bonne. Il n’est pas toujours disposé à recevoir du monde. — Oh ! pour moi, poursuivit la jeune fille en souriant, il me recevra toujours, surtout si vous lui dites que c’est « Liette », sa petite Liette qu’il croit perdue et qui revient. ”
William de La Rive, La Marquise de Clérol, par William de La Rive (1868)
“ Laïta n'eut donc pas de peine à démontrer que le baron n'était qu'une vieille ganache. Ensuite il devint plus habile et il ne chercha pas gratuitement à se faire des ennemis ; mais, quoique moins acerbes, les rapports restèrent toujours tendus entre lui et Bley. Celui-ci, de son côté, avait, d'un oeil vigilant, suivi pas à pas la carrière de Laïta. A Paris, on sait tout, parce qu'on ne s'étonne de rien et qu'on devine ce qu'on ne voit pas. ”
Charles Silvestre,
Prodige du cœur
(1926)
“ D’habitude, on portait du cidre sur la table, mais Jacquier, en la fête des rois, ne voulut boire que du vin; il aurait ainsi du sang bien pur toute l’année.Les jours reprirent leur simple courant. Simon revint à l’école, et Claire se livra aux besognes quotidiennes avec plus d’ardeur, comme si elle voulait éloigner ainsi toute rêverie. Mme Lautier n’avait pas donné de ses nouvelles. Tous les ans, à la même époque, elle n’y manquait pas. Claire en venait à songer que Mme Lautier pouvait{59} devenir infirme ou mourir par accident; Simon ne quitterait jamais les Ages. ”
William de La Rive, La Marquise de Clérol, par William de La Rive (1868)
“ Sa passion lui dilatait le coeur. Le passé n'existait pas pour lui, ni l'avenir. Il savourait les délices d'un de ces rares instants où, vainqueur de toute souffrance, l'homme fait halte dans le présent et arrive, par là, à la possession de l'infini. Il écoutait à peine Laïta, qui se tint constamment auprès de lui, par l'effet du hasard ou de l'allure des chevaux, ou simplement d'une sympathie de jour en jour plus chaude. Les doctrines et le ton du vicomte ne laissaient pas que d'étonner Morgan et souvent de le froisser. ”
Antoine Vicard, Les trois jardins de Pierre Loti (1931)
“ La même pièce abrite le portrait de sa mère, visage vénéré entre tous, dont chaque altération navrait le cœur de Loti, quand il rentrait ici pour l'embrasser, après quelque rude campagne. Elle avait connu dans sa jeunesse la grâce d'être belle, à en juger d'après le tableau voisin, et elle gardait de ce temps-là un charme particulier, sous les cheveux blancs arrangés en longues boucles. Nature d "élite, vouée aux obscures vertus domestiques, un air de bonté anime ses traits, où se devine une résignation devant les épreuves de l'existence dont son fils n'hérita pas. ”
Maurice Leblanc,
Le Prince de Jéricho
“ Nous étions deux sœurs, mon aînée Lætitia, et moi. Nous avions toutes trois, pour vivre, une petite rente, et ma mère, pour nous élever, faisait des travaux de dentelle. Elle nous adorait, ma sœur aînée surtout qui était, qui est encore merveilleusement belle. Vous la verrez peut-être tout à l’heure, ma pauvre Lætitia, et vous comprendrez notre chagrin... et notre haine... Oui, notre haine ! Nous étions si heureuses, si gaies, toutes les trois !... Lætitia ne cessait pas de rire et de chanter... ”
L. Savary, La Tour de la lanterne (1906)
“ Liette avait emporté tous les couteaux, même le grand couteau à découper ; les ciseaux de sa tante et ceux de Botte. En voyant autant d’ouvrage le père Malaquin grimaçant de plus belle, se mit hâtivement au travail ; mais, soucieux, il regardait le soleil baisser à l’horizon. Liette, sans le perdre de vue, ne dédaignait pas de faire un brin de causette avec le brave homme. ”
