Simonne Ratel

Simonne Ratel

Résumé

Portrait de Simonne Ratel Simonne Ratel,  Le Raisin vert

“ Bohémien, Amédée Durras ? « Absurde ! » dirait-il en levant les épaules. Il aurait raison. Personne n’a plus que lui l’air fixé. Son long buste étroit et raide, comme celui des Jésus de bois primitifs, ses joues larges, pâles, cernées d’un ourlet de barbe, bien posées sur son faux col, lui confèrent le prestige anti-bohémien par excellence, le prestige assis.
Les occupants de la pension de famille n’en tiennent pas compte. Ce n’est pas de lui qu’ils se défendent. Ils ont mis, d’instinct, l’accent sur Isabelle, sa femme. C’est elle qui crée le remous, le danger.
”
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Portrait de Simonne Ratel Simonne Ratel,  Le Raisin vert

“ Tous les deux se regardaient avec la même expression d’étonnement au fond de leurs prunelles bleues.
— Mais alors, reprit Lise, si cela ne t’amuse pas de travailler, pourquoi travailles-tu ?
— Ma foi ! dit M. Durras avec un geste vague, je n’en sais rien. Pourquoi travaille-t-on ? Pour dépasser les autres, pour gagner de l’argent, pour être admiré. Ou tout simplement pour passer le temps. Pour ne pas crever d’ennui. Pour ne pas crever tout court.
— Mais ce n’est pas gai ! s’écria Lise.
— Pourquoi veux-tu que ce soit gai ? Est-ce que la vie est gaie ?
”
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Portrait de Simonne Ratel Simonne Ratel,  Le Raisin vert

“ Elle vit, de loin, le chevalet abandonné, le béret et les sandales jetés parmi les chardons et son cœur bondit d’angoisse.
Loin, là-bas, dans le champ de boue, une silhouette progressait vers la mer. Les petits souliers d’Isabelle s’enfoncent dans la vase molle. Au bout de trois pas, elle est déchaussée, mais continue d’avancer, aussi vite qu’elle peut, sous le bain brûlant du soleil. Elle n’a plus de souffle quand elle parvient à portée de voix. Il lui faut se reprendre, humecter sa gorge sèche avant d’appeler :
— Laurent ! Laurent ! Où vas-tu ?
”
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