Daniel Deronda

Définition et enjeux

Portrait de George Eliot George Eliot Daniel Deronda (1876)

Est-ce le grand inconnu ? demanda d’un ton de bonne humeur le gros homme qui venait de citer Shelley.
— Je m’appelle Daniel Deronda. Je suis inconnu, mais pas le moins du monde grand. Le sourire qui se fit jour sur son visage en prononçant ces paroles fut si bon, qu’un murmure général et indistinct se fit entendre et que le gros homme reprit :
— Vous recommandez votre nom, monsieur, et vous êtes le bienvenu. Approche-toi, Mordecai, viens dans ce coin, à côté de moi, ajouta-t-il dans le but évident de donner la meilleure place à celui qui en avait le plus besoin.
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Portrait de George Eliot George Eliot Daniel Deronda (1876)

Ce n’est pas du bonheur, c’est un malheur auquel il faut nous soumettre. Pour l’instant, nous sommes délivrés d’un joug visible. Différons d’en parler, comme si le soir qui s’épaissit autour de nous était le commencement de la fête où nous devons offrir les prémices de notre joie, et n’y mêlons pas la tristesse.
Deronda devina ce qu’était ce chagrin et garda le silence. Il se leva en voyant Mirah en faire autant, et lui dit :
— Partez-vous ? Je vais vous quitter aussitôt que madame Adam m’aura aidé à monter le précieux coffre dont je remettrai la clef à Mordecai ; non, à Ezra !
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Portrait de George Eliot George Eliot Daniel Deronda (1876)

Elle se dressa sur ses pieds comme mue par un ressort ; son visage et son cou, sauf une ligne rougeâtre sous les yeux, étaient aussi blancs que son châle ; ses lèvres entr’ouvertes avaient cette expression particulière aux personnes accusées, ayant perdu toute espérance. Ce n’était plus que le spectre de cette Gwendolen Harleth que nous avons vue si fière et si complètement maîtresse d’elle-même après ses pertes au jeu. À cette vue, Deronda sentit son cœur se fondre de pitié et leurs relations passées lui revinrent à l’esprit.
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