Auteur : Eugène-Melchior de Vogüé-Eugène-Melchior de Vogüé

Élements biographiques

Auteur : Eugène-Melchior de Vogüé-Eugène-Melchior de Vogüé Revue des Deux Mondes

« La fraternité, telle qu’on la pratique en France, m’a conduit à cette conclusion que, si j’avais un frère, je l’appellerais mon cousin. » Aussi faudrait-il être dénué de tout sens historique pour ne pas trembler, quand on entend bruire sur toutes les lèvres ce mot à la mode, solidarité, substitut philosophique de la sentimentale fraternité. Gare à ces mots caressans ! Il semble que le démon de la guerre civile les répande dans l’air et s’en serve pour nous endormir, chaque fois qu’il s’apprête à la déchaîner.
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Auteur : Eugène-Melchior de Vogüé-Eugène-Melchior de Vogüé Revue des Deux Mondes

On se bat pour des idées, et le Français fait de chaque idée un dogme, une catégorie de l’absolu ; nul supplice n’est assez rigoureux pour le mécréant qui défend le dogme contraire. Les intérêts sont âpres à la bataille, mais ils peuvent composer, pardonner : les dogmes ne composent ni ne pardonnent. Legs fatal de la Révolution, cette déchirure, peut-être irréparable, de la fraternité qu’elle proclamait !
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Auteur : Eugène-Melchior de Vogüé-Eugène-Melchior de Vogüé Revue des Deux Mondes

Après le grand spasme révolutionnaire, la masse des citoyens voulait le rétablissement de l’ordre et de la sécurité. Sous le Premier Empire, sous la Restauration, les libéraux demandaient plus de liberté, la bourgeoisie réclamait une place prépondérante dans le gouvernement. Sous la monarchie de Juillet, les démocrates hâtaient de leurs vœux l’avènement de la démocratie et l’ère des réformes sociales. Sous le Second Empire, cette démocratie adulte attendait avec une foi messianique l’établissement définitif de la République, à peine entrevue dans les convulsions de l’enfantement
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