J.-B. Frédéric Ortoli

Élements biographiques

J.-B. Frédéric Ortoli Le Monde enchanté... (1897)

« Ah! dit-il aussitôt, s'il était en votre pouvoir, je voudrais, bonne mère, que vous me donniez la grandeur et la force qui me manquent.
— Réfléchissez, seigneur, à la demande que vous faites. Vous grandir? Mais alors c'est vous donner la taille d'un homme, c'est renoncer à l'immortalité.
— Qu'importe, si j'épouse Fleur-des-Bois !
— Eh bien, soit ! »
Et, prenant sa baguette enchantée, la sorcière en toucha le roi des Sylphes à la tête, aux bras, à la poitrine, aux jambes, tout en prononçant des paroles magiques dont l'effet ne se fit pas attendre.
Source : Gallica

J.-B. Frédéric Ortoli Les contes de la veillée

Il égorgea d'abord le crapaud et recueillit précieusement son sang qu'il mêla avec un peu de vin muscat ; puis, arrachant le cœur de l'animal, il le fit cuire ainsi que le lion avait dit.
Sa mixture préparée, Lovallec se présenta devant la fille du roi.
— Puissante princesse, buvez ce vin, c'est la vie que je vous donne.
La malade en but une gorgée, mais aussitôt elle repoussa le vase en criant : — Ah ! mon Dieu ! je viens d'avaler du poison ! Mon cœur se brise, je me sens mourir!
— Buvez, princesse, buvez toujours, s'écria le jeune homme, car c'est un Démon qui ne veut point sortir.
Source : Gallica

J.-B. Frédéric Ortoli Fille aux roses (1886)

La cadette, l'amie des lutins et des fées, la charmante Mirza, dit à son tour : — Moi, mon père, je vous aime comme on aime le pain et le sel, comme le poisson aime l'eau, et la rose de mai la goutte de rosée.
A ces paroles le roi pâlit, ses-yeux se fermèrent, une sourde colère gronda dans son cœur. Tout à coup il éclata : — Va-t'en! va-t'en! fille ingrate qui n'aime personne; est-ce ainsi que tu reconnais les soins dont je t'ai comblée ?
Et ton amour pour moi ne va pas plus loin que le pain et le sel ? Va-t'en ! et jamais ne reparais devant mes yeux !
Source : Gallica

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