J.-B. Frédéric Ortoli

Résumé

J.-B. Frédéric Ortoli Fille aux roses (1886)

C'était vraiment pitié de l'entendre, et il fallait avoir un cœur de pierre pour ne pas être ému.
Au bruit que menaient la veuve et l'orphelin, la Reine des Oiseaux accourut du grand bois voisin, et se percha sur un arbre qui était en face de leur maison.
— Qu'avez-vous, maman Mouton, et qui cause ainsi votre chagrin?
— Hélas ! hélas ! ô mes malheurs, papa Tigre a mangé mon pauvre mari.
— Ah, l'infâme scélérat!
— Nous n'oserons plus sortir dehors ; le misérable assassin rôdera toujours par ici et voudra sans doute nous manger de même.
Source : Gallica

J.-B. Frédéric Ortoli Fille aux roses (1886)

Papa Tigre leur fit toutes sortes de politesses, leur baisa les mains, qui, pour les animaux, sont les pattes de devant, puis, les engagea le plus courtoisement du monde à venir se rafraîchir dans sa hutte.
Petit Mouton, lui, but un verre et s'en alla jouer dans la cour avec petit Tigre; mais papa Mouton, qui aimait le vin, désira plutôt rester au frais.
— Eh bien ! voisin, comment trouvez-vous ma liqueur?
— Divine, parbleu, divine !
— Encore un verre, alors.
— A votre santé, compère !
— Ha! ha! le temps est bien chaud, et il n'est pas mauvais de se réveiller un peu.
Source : Gallica

J.-B. Frédéric Ortoli Fille aux roses (1886)

Chacun s'élance aussitôt et court de son mieux. Au premier angle du champ, le Renard fait volte-face, regarde derrière lui et s'écrie : — Hé! mon compère, où es-tu?
— Ici devant, répond une voix crapaudine.
Tout penaud, le Renard reprend sa course et soufflant, suant, il pousse, pousse encore bien loin jusqu'à un autre angle du champ.
Arrivé là, il crie de nouveau : — Où es-tu, mon cher compère?
— A vingt pas en avant, bredouille aussitôt une voix de Crapaud.
Goupil s'impatiente, il part comme un trait, et à chaque instant il demande :
- Où donc es-tu, compère?
Source : Gallica

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