Marie-Catherine d’Aulnoy

Marie-Catherine d’Aulnoy

Résumé

Portrait de Marie-Catherine d’Aulnoy Marie-Catherine d’Aulnoy Contes nouveaux ou Les fées à la mode

Elle s’était reproché mille fois de lui avoir caché sa naissance : de quelle obligation, disait elle, ne me serait il pas redevable, s’il savait, qu’étant née sur le trône, je m’abaisse jusqu’à lui ! mais, hélas ! que l’amour met peu de différence entre le sceptre et la houlette ! est-ce cette chimérique grandeur, qu’on nous vante tant, qui peut remplir notre âme et la satisfaire ? Non, la vertu seule a ce droit-là : elle nous met au-dessus du trône, et nous en sait détacher : le berger qui m’aime est sage, spirituel, aimable : qu’est-ce qu’un prince peut avoir au-dessus de lui ?
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Quoi ! bergers, s’écria-t-elle, avez vous l’inhumanité de donner au cruel Centaure un tel enfant ? Il est temps de vous affranchir de votre parole, la justice et la raison s’opposent à des coutumes si barbares ; ne craignez point le retour des ogres, je vous en garantirai, moi qui suis la fée Amazone ; et dès ce moment, je vous prends sous ma protection. Ah ! madame ! s’écrièrent les bergers et les bergères, en lui tendant les mains : c’est le plus grand bonheur qui puisse nous arriver. Ils n’en purent pas dire davantage, car le Centaure furieux la défia au combat
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Cette promesse consola un peu le Bossu : il conjura la fée de s’en souvenir, et prit la résolution de jouer un mauvais tour à son petit frère dès qu’il serait né.
Au bout de neuf mois la reine eut un fils, se plus beau du monde ; et l’on remarqua, comme une chose extraordinaire, qu’il avait la figure d’une flèche empreinte sur le bras. La reine aimait à tel point son enfant, qu’elle voulut le nourrir, dont le prince Bossu était très fâché ; car la vigilance d’une mère est plus grande que celle d’une nourrice, et il est bien plus aisé de tromper l’une que l’autre.
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