Marie-Catherine d’Aulnoy,
Contes nouveaux ou Les fées à la mode
“ Elle s’était reproché mille fois de lui avoir caché sa naissance : de quelle obligation, disait elle, ne me serait il pas redevable, s’il savait, qu’étant née sur le trône, je m’abaisse jusqu’à lui ! mais, hélas ! que l’amour met peu de différence entre le sceptre et la houlette ! est-ce cette chimérique grandeur, qu’on nous vante tant, qui peut remplir notre âme et la satisfaire ? Non, la vertu seule a ce droit-là : elle nous met au-dessus du trône, et nous en sait détacher : le berger qui m’aime est sage, spirituel, aimable : qu’est-ce qu’un prince peut avoir au-dessus de lui ? ”
