J.-B. Frédéric Ortoli, Les contes de la veillée
“ Il égorgea d'abord le crapaud et recueillit précieusement son sang qu'il mêla avec un peu de vin muscat ; puis, arrachant le cœur de l'animal, il le fit cuire ainsi que le lion avait dit. Sa mixture préparée, Lovallec se présenta devant la fille du roi. — Puissante princesse, buvez ce vin, c'est la vie que je vous donne. La malade en but une gorgée, mais aussitôt elle repoussa le vase en criant : — Ah ! mon Dieu ! je viens d'avaler du poison ! Mon cœur se brise, je me sens mourir! — Buvez, princesse, buvez toujours, s'écria le jeune homme, car c'est un Démon qui ne veut point sortir. ”
