Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye

Élements biographiques

Portrait de Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye Dictionnaire historique de l’ancien langage françois (1875)

Pour faire sentir combien il est nécessaire, pour démêler précisément la vraie signification d’un mot, de connoître les diverses manières dont il se trouve orthographié, je citerai le mot adeser et adaiser qui se lit assez fréquemment dans nos plus anciens Ecrivains : son acception la plus générale est celle d’approcher, toucher, mettre la main à quelque chose : on trouve même adeser la main pris dans ce dernier sens. Si nous n’avions que ces deux orthographes adeser et adaiser, nous n’aurions encore qu’une connoissance très-imparfaite et presque fausse de ce mot.
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Portrait de Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye Dictionnaire historique de l’ancien langage françois (1756)

Quelle sera donc la ressource d’un lecteur dans la multitude de ces diverses leçons que le même texte lui présente, et qui sont toutes également bien fondées, à n’en juger que par le témoignage de ses yeux ? La connoissance de la Langue lui donnera le seul moyen qui lui reste de lever ses doutes, et de sortir de ce labyrinthe. Il tiendra pour suspects tous les mots que son texte lui offrira, lorsqu’ils lui seront inconnus : il admettra avec confiance ceux dont il apprendra, par le Glossaire, que l’usage est appuyé sur des exemples.
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Portrait de Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye Dictionnaire historique de l’ancien langage françois (1875)

Accompter, verbe. Compter, passer en compte. Estimer, faire compte.
Le premier sens est le sens propre de ce mot, composé de la préposition A et du verbe COMPTER. (Voy. ACONTER ci-après.) Nous lisons dans des Lettres de l’an 1393 : " Ils ne acomptoient à elle ne aux siens un festu. " (D. Carpent. suppl. Gloss. de Du C. au mot Compotum tenere, sous l’article Computus.)
N’accompter riens à quelqu’un, signifie n’en faire aucun cas, proprement ne lui compter rien pour son mérite (dans Monstr. Vol. III, p. 99, V°.)
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