Jean Dolent

Élements biographiques

Portrait de Jean Dolent Jean Dolent Le roman de la chair (1866)

Tabar riait aux éclats. Patrice était ému. Son oeil noir brillait. Ses longs cheveux plats, d'un brun mat, faisaient ressortir le ton d'ocre de ses joues un peu creuses.
—« Quant à moi, s'ecria-t-il, voici comment je comprends la vie : Aimer avec passion, se dévouer, prendre une large part d'un danger, La mort pour la mort. Lex est, non poena, perire. Qu'à la tête ou au coeur le coup frappe ; qu'importe, s'il tue !
Tontonne secouait la tête et protestait : « Rien ne meurt sans que quelque chose pleure, » a dit un poëte qui avait le sens commun. Aimer avec passion...
Source : Gallica

Portrait de Jean Dolent Jean Dolent L'insoumis : roman (1871)

Colonnis sourit; Mlle Tonyne lui donnait une page pour l'Ivresse mystique.
— Je te dirai, moi aussi, relève-toi; que ton amour soit la récompense des hommes indépendants. Sois sans tendresse pour qui tend le dos et baisse l'oreille. Eh tiens! aime aussi les prodigues; le sang bien versé, l'or bien dépensé, cela n'est pas commun. Le génie est une prodigalité de la nature. Un homme n'est pas fait pour inspirer une passion à jamais; on aime celui-ci pour ce qu'il a de bien ; on cesse de l'aimer pour ce qui lui manque. L'artiste est débauché, le poëte poltron, le soldat brutal. L'amour passe.
Source : Gallica

Portrait de Jean Dolent Jean Dolent Le roman de la chair (1866)

Tontonne répliqua :
— Les hommes tiennent de la terre, dont tous sont sortis, et du ciel, où iront quelques-uns. N'exagérons rien, pas même la vertu. Demander à un être qui est un composé d'esprit et de matière, de lumière et d'ombre, le désintéressement, l'héroïsme, c'est méconnaître son essence; il a un coeur, mais il a un ventre aussi. La perfection de l'homme, c'est l'équilibre. Qu'il ne soit ni à plat ventre ni dans les nuages, c'est tout ce que l'on peut exiger de lui : le héros est une anomalie brillante, l'homme pur un phénomène curieux.
Source : Gallica

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