Jean Dolent

Jean Dolent

Résumé

Portrait de Jean Dolent Jean Dolent Le roman de la chair (1866)

Tabar riait aux éclats. Patrice était ému. Son oeil noir brillait. Ses longs cheveux plats, d'un brun mat, faisaient ressortir le ton d'ocre de ses joues un peu creuses.
—« Quant à moi, s'ecria-t-il, voici comment je comprends la vie : Aimer avec passion, se dévouer, prendre une large part d'un danger, La mort pour la mort. Lex est, non poena, perire. Qu'à la tête ou au coeur le coup frappe ; qu'importe, s'il tue !
Tontonne secouait la tête et protestait : « Rien ne meurt sans que quelque chose pleure, » a dit un poëte qui avait le sens commun. Aimer avec passion...
Source : Gallica

Portrait de Jean Dolent Jean Dolent Le roman de la chair (1866)

Tontonne répliqua :
— Les hommes tiennent de la terre, dont tous sont sortis, et du ciel, où iront quelques-uns. N'exagérons rien, pas même la vertu. Demander à un être qui est un composé d'esprit et de matière, de lumière et d'ombre, le désintéressement, l'héroïsme, c'est méconnaître son essence; il a un coeur, mais il a un ventre aussi. La perfection de l'homme, c'est l'équilibre. Qu'il ne soit ni à plat ventre ni dans les nuages, c'est tout ce que l'on peut exiger de lui : le héros est une anomalie brillante, l'homme pur un phénomène curieux.
Source : Gallica

Portrait de Jean Dolent Jean Dolent Le roman de la chair (1866)

Cet autre, reprit Tontonne, est un statuaire aimé de Vénus, il a débuté par un chef-d'oeuvre. Il a montré à nos yeux ravis, la luxure dans tout l'éclat d'une éblouissante nudité. Aux regards de tous il l'a exposée seins frémissants, yeux demi-clos, lèvres entr'ouvertes. L'aspic que la divinité femme approche de son flanc à des faux airs du serpent de la Genèse : ce n'est pas la mort qu'elle attend, c'est l'amour; la foule qui s'est ruée autour d'elle ne s'y est pas trompée. L'artiste a eu son heure de génie, mais il a montré son ignorance du coeur humain.
Source : Gallica

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