Maurice Raynaud

Élements biographiques

Maurice Raynaud Les médecins au temps de Molière… (1863)

Lorsqu'un médecin vous parle d'aider, de secourir, de soulager la nature, de lui ôter ce qui lui nuit, et lui donner ce qui lui manque, de la rétablir, et de la remettre dans une pleine facilité de ses fonctions ; lorsqu'il vous parle de rectifier le sang, de tempérer les entrailles et le cerveau, de dégonfler la rate, de raccommoder la poitrine, de réparer le foie, de fortifier le cœur, de rétablir et conserver la chaleur naturelle, et d'avoir des secrets pour étendre la vie à de longues années, il vous dit justement le roman de la médecine.
Source : Gallica

Maurice Raynaud Les médecins au temps de Molière… (1863)

« Un médecin est un homme que l'on paye pour conter des fariboles dans la chambre d'un malade, jusqu'à ce que la nature l'ait guéri, ou que les remèdes l'aient tué. » Il est vrai que, cette fois, c'est don Juan qui parle, don Juan impie en médecine comme dans tout le reste, et dont Molière ne prétend certainement pas endosser toutes les opinions. Dans le Malade imaginaire, au contraire, nous avons un personnage qui représente trop évidemment le rôle de la raison et du bon sens pour qu'on ne soit pas autorisé à chercher en lui les opinions de Molière lui-même. C'est Béralde.
Source : Gallica

Maurice Raynaud Les médecins au temps de Molière… (1863)

Guy de Labrosse (un médecin!) est mort sans saignée.
On la lui proposa : « Il répondit que c'était le remède des pédants sanguinaires (il nous faisait l'honneur de nous appeler ainsi) , et qu'il aimait mieux mourir que d'être saigné : aussi a-t-il fait. Le diable le saignera en l'autre monde, comme le mérite un fourbe, un athée. » Ces invectives, ce souhait de la damnation éternelle, pour un homme qui a refusé de mourir dans les formes, n'est-ce pas là le sublime du comique ?
Que de tels excès eussent depuis longtemps choqué un bon nombre de médecins, il n'y a pas lieu de s'en étonner.
Source : Gallica

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