Résumé

Portrait de Alfred de Musset Alfred de Musset Comédies et proverbes. Tome 3

La Reine. À quoi songez-vous, juste ciel !
Carmosine. Ah ! je mériterais d’être ainsi traitée, si je m’étais abusée un moment, si mon amour avait été autre chose qu’une souffrance ! Dieu m’est témoin, Dieu qui voit tout, qu’à l’instant même où j’ai aimé, je me suis souvenue qu’il était le roi. Dieu sait aussi que j’ai tout essayé pour me sauver de ma faiblesse, et pour chasser de ma mémoire ce qui m’est plus cher que ma vie. Hélas ! madame, vous le savez sans doute, que personne ici-bas ne répond de son cœur, et qu’on ne choisit pas ce qu’on aime.
Source : Wikisource

Portrait de Alfred de Musset Alfred de Musset Comédies et proverbes. Tome 3

La Reine. C’est encore moi qui veux qu’un époux digne de vous, qu’un homme loyal, honnête et brave, vous donne la main pour entrer chez moi ; qu’il sache comme moi, comme tout le monde, le secret de votre souffrance passée ; qu’il vous croie fidèle sur ma parole, que je vous croie heureuse sur la sienne, et que votre cœur puisse guérir ainsi, par l’amitié de votre reine, et par l’estime de votre époux... Prêtez l’oreille, n’est-ce pas le bruit du clairon ?
Carmosine. C’est le roi qui sort du palais.
Source : Wikisource

Portrait de Alfred de Musset Alfred de Musset Comédies et proverbes. Tome 3

C’est pour n’être pas obligé de les plaindre qu’on ne veut pas croire à nos chagrins. Ils sont réels, et d’autant plus profonds, que ce monde qui en rit nous force à les cacher ; notre résignation est une pudeur ; nous ne voulons pas qu’on touche à ce voile, nous aimons mieux nous y ensevelir ; de jour en jour on se fait à sa souffrance, on s’y livre, on s’y abandonne, on s’y dévoue, on l’aime, on aime la mort... Voilà pourquoi je voudrais tâcher d’en préserver ma jeune amie.
Carmosine. Et vous songez à la marier ; est-ce que c’est Perillo qu’elle aime ?
La Reine.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature