Résumé

Anonyme Les langues et les nationalités au Canada

Sans doute les hommes d’État anglais préféreraient voir régner l’accord entre les races, au Canada. Les plus civilisés parmi les Anglais contemporains haussent les épaules, lorsqu’ils entendent d’une oreille distraite, le récit des persécutions bêtes dont les minorités franco-canadiennes sont les victimes. Mais on peut être assuré d’une chose : c’est que l’Angleterre n’encourra jamais le moindre risque ni le plus léger ennui pour protéger les Canadiens-français contre les Anglo-Canadiens, — pas plus que pour protéger le Canada contre les États-Unis.
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Anonyme Les langues et les nationalités au Canada

« Une nation, une langue, » telle est l’idiotie récemment sortie du cerveau fêlé de je ne sais quel fanatique francophobe, et acceptée immédiatement comme un axiome indiscutable par la presque totalité de la population anglaise du Canada. Or, pour prétendre que l’unité de langage est nécessaire à l’unité nationale, et que celle-ci s’établit automatiquement aussitôt que le peuple est devenu unilingue, il faut ignorer complètement l’histoire des siècles passés et ne rien connaître des conditions d’existence des nations contemporaines.
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Anonyme Les langues et les nationalités au Canada

« Une nation, une langue ? » Est-ce donc que la nation britannique serait un mythe ?
Quant au langage de l’Empire britannique, dont nous parlent si emphatiquement nos savants anglo-canadiens, je regrette beaucoup d’être obligé de leur dire que ça n’existe pas plus que la langue suisse ; on n’en a jamais entendu parler nulle part, en dehors de l’Ontario et de l’Ouest canadien. La vérité, c’est que, dans l’Empire britannique, on parle à peu près toutes les langues en usage parmi les hommes.
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