Claire de Duras

Claire de Duras

Résumé

Portrait de Claire de Duras Claire de Duras Le Marchand de Zamora

Je voyais Gavino moins souvent ; le plaisir ou le souci — on ne sait jamais bien lequel quand il s’agit de mariage — le retenait chez lui. En peu d’années il était devenu père de deux fils. L’aîné avait été nommé Pedro ; le second reçut le nom de Fabrice. À la naissance de ce dernier, je dis à mon voisin : — Cher Gavino, la fécondité de votre Térésa peuple la solitude dont vous vous plaigniez. L’ennui ne vous chasse plus du logis. — Non, me répondit-il ; mais l’ennui, en s’en allant, a laissé la porte ouverte au chagrin. Gavino avait raison.
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Portrait de Claire de Duras Claire de Duras Le Marchand de Zamora

Ils n’ont pas à s’en plaindre, car, depuis que le lieutenant-général et le médecin du roi se sont faits marchands, ils lèvent la tête, et, forts de leur travail, forts de leur indépendance, n’ayant rien à demander aux hommes ni aux événements, rien à souffrir de l’insolence d’un protecteur dont la faveur s’obtient, non par le mérite, mais par la bassesse, ils voient la fortune leur arriver de tous les côtés ; ils n’ont plus besoin, grâce au ciel, de courir après elle. Les voilà surtout bien convaincus que la vie est trop sérieuse pour la jouer sur une carte.
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Portrait de Claire de Duras Claire de Duras Le Marchand de Zamora

J’ai passé ma vie sans rien faire, à quoi Dieu m’a aidé. J’ai mangé mon revenu, j’ai aussi mangé mon capital, que j’ai considéré comme une rente plus large ; il m’a donc fallu vous donner une éducation pour remplacer votre patrimoine et pour vous ouvrir une carrière. Vous travaillerez beaucoup, sans doute, mais vos enfants feront comme moi, ils se reposeront. Partez donc, je vous recommande à la gloire. Pedro, vous serez un jour lieutenant-général des armées d’Espagne ; vous serez, vous, Fabrice, premier médecin du roi. Le but marqué, il ne s’agit plus que d’aller bon train.
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