Résumé

Collectif Revue d’histoire et de littérature religieuses

Depuis de longs siècles, les mages perses enseignaient en Asie Mineure la résurrection des morts et faisaient espérer aux justes une immortalité bienheureuse. C’est très probablement sous l’action de ces doctrines mazdéennes, que le vieux sacrifice barbare prit dans les temples de Cappadoce un sens plus profond. On ne pensa plus, en s’y soumettant, acquérir la vigueur du taureau, ce ne fut plus le renouvellement des forces physiques que le sang, principe de vie, fut censé communiquer, mais une renaissance soit temporaire soit même éternelle de l’âme.
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La cérémonie du taurobole, qui jouit au déclin du paganisme d’une vogue si étonnante, n’est pas remarquable uniquement à cause de la similitude des espérances qu’il éveillait avec certaines croyances chrétiennes. C’est un produit très caractéristique de ces religions orientales, où des traditions grossières, survivances d’un passé barbare, étaient mises au service d’une théologie très avancée. L’acte lui-même est un bain de sang qui fait songer à quelque orgie de cannibales
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À Bénévent, la déesse à laquelle sont consacrés les autels tauroboliques prend le nom tout à fait inusité de Minerva Berecyntia [25] . Le titre de protectrice des Bérécyntes, ne suffit point à prouver que cette Minerve désigne la Cybèle habituelle, déification de la Terre, mais Cybèle semble bien avoir été assimilée ici à une divinité guerrière, comme Bellone [26] . Nous sommes donc amenés à croire que le baptême de sang, dont l’origine nous échappait jusqu’ici, a primitivement appartenu au culte de la Bellone asiatique et qu’il est arrivé du fond de la Cappadoce chez les Romains.
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