Résumé

Collectif Revue des religions/1892/Vol 2

C’est ainsi que la représentation d’un monde fantastique, tel qu’il nous apparaît dans ce poème, a été pour ces anciens hommes le système scientifique de l’univers, et que des monstres, tels que le taureau divin et les hommes-scorpions, n’ont été sans doute pour eux que la personnification d’une conception astronomique. Cette grandeur est, d’ailleurs, tempérée par un vif sentiment de la faiblesse humaine. Dans ce poème, les héros sentent et souffrent comme nous. Ne voyons-nous pas Gilgamès pleurer comme un enfant, sur le sort malheureux d’Eabani et trembler à la seule pensée de la mort ?
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Ainsi, ils se retrouvaient en présence l’un de l’autre Gilgamès et Eabani, ou plutôt, la pâle image, l’ombre de ce qui fut Eabani. Tout entier à ses préoccupations, le héros ne prit pas seulement le temps de manifester la joie qu’il éprouvait de revoir son ami, après une aussi longue séparation, et, allant droit au fait, sans autre préambule, il le supplia de lui révéler les mystères d’outre-tombe : « Dis-moi, mon ami, oh ! oui, mon ami, dis le moi ; de grâce, entr’ouvre la terre sous mes yeux et raconte moi ce que tu as vu là-bas aux enfers ! »
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Gilgamès, le petit-fils de Samas-napistim, avait essayé d’atteindre l’immortalité à la suite de son aïeul. Un instant, il avait tenu entre ses mains l’arbre de vie, mais, hélas ! un serpent de malheur le lui avait ravi... L’homme était condamné désormais à une destinée inéluctable.
De sa naissance à sa mort, il est en butte à la poursuite des démons, qui l’assaillent de toutes parts et le frappent de maladies étranges, auxquelles il succombe, comme Eabani, ou dont il ne se relève qu’avec peine, comme Gilgamès, à l’aide d’aliments magiques et de purifications.
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