Résumé

Jules Girard Un Poète républicain sous Néron…

Dans cette scène, le rôle de César est plus théâtral que conforme à la vérité, bien autrement touchante. Un beau vers nous le montre à la fin, quand il a traversé le petit fleuve, gonflé par le poète pour l’effet, entraînant son armée à travers les ténèbres. C’est le génie fatal de la ruine et de la tyrannie qui commence son œuvre sous ces funestes auspices, et se précipite en avant, poussé par la destinée. Rien n’arrêtera désormais son aveugle élan, ni les élémens déchaînés, avec lesquels il traite d’égal à égal, ni les sentimens humains, auxquels son cœur est fermé.
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Jules Girard Un Poète républicain sous Néron…

Le parti-pris républicain, qui détruit l’histoire, semble même le plus souvent interdire au poète d’y rien substituer qui puisse séduire l’imagination, et ainsi ce qu’on perd en vérité, on est loin de le regagner en plaisir. César, destructeur de la liberté, a commis le plus criminel des attentats ; soit, mais le crime peut avoir sa grandeur, et assurément César a la sienne. Lucain ne veut pas la lui laisser ; il le dégrade, et ce grand criminel contre l’ordre moral et contre la patrie devient un monstre sanguinaire, chez qui le ridicule le dispute parfois à l’odieux.
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Jules Girard Un Poète républicain sous Néron…

La liberté fuyant au-delà du Tigre et du Rhin, devenue le bien des Germains et des Scythes, les Arabes et les Mèdes heureux de ne l’avoir jamais connue, parce qu’ils n’ont pas à la regretter : ces traits célèbres, dans la langue énergique du poète, ont une vraie beauté. Le plus curieux peut-être, c’est cette punition qu’il trouve contre l’indifférence du ciel : « les guerres civiles feront des dieux égaux aux maîtres de l’Olympe ; Rome ornera des mânes de foudres, de rayons, d’astres, et dans les temples des divinités elle jurera par des ombres. »
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