Résumé

E. Chevreul Revue des Deux Mondes

Je ne doute point que le spectacle de certaines actions propres à agir fortement sur notre frêle machine, que le récit animé de la voix et du geste de ces mêmes actions, ou, encore, la connaissance que l’on en prend par une simple lecture, ne portent certains individus à ces mêmes actions, par suite d’une tendance au mouvement qui les détermine ainsi machinalement à un acte auquel ils n’auraient jamais pensé sans une circonstance étrangère à leur volonté, et auquel ils n’auraient jamais été conduits par ce que l’on doit nommer l’instinct chez les animaux.
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E. Chevreul Revue des Deux Mondes

Le fait que je viens de citer conduit naturellement au cas où, étant placé sur la corniche d’une montagne dont la largeur présente une voie beaucoup plus large que celle qui serait strictement nécessaire si l’on marchait dans une grande route, on vient tout à coup à découvrir la profondeur d’un abîme qu’on a au-dessous de soi. Au même moment, pour ainsi dire, on se jette irrésistiblement du côté opposé à l’abîme, poussé par l’instinct de la conservation qui lutte contre une tendance au mouvement en sens contraire, déterminée par la vue de l’abîme.
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E. Chevreul Revue des Deux Mondes

L’existence de cet état est parfaitement démontrée par le récit de mes expériences : effectivement, tant que j’ai cru possible le mouvement du pendule que je tenais à la main, il a eu lieu ; mais après en avoir eu découvert la cause, il ne m’a plus été possible de le reproduire. C’est parce que nous ne sommes pas toujours dans le même état, que nous ne recevons pas constamment la même impression d’une même chose : ainsi le bâillement d’un autre ne nous fait pas toujours bâiller ; le rire ne se communique pas toujours du rieur à son voisin, etc.
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