Résumé

Portrait de Ferdinand Brunetière Ferdinand Brunetière Un Manuscrit retrouvé, lettres inédites de Mme de Sévigné

Sans doute il n’était pas à croire que le nouveau manuscrit, non plus que le Grosbois dans son temps, nous révélât une Mme de Sévigné nouvelle. Il serait même téméraire d’espérer que jamais, et quelque surprise que l’avenir nous ménage encore, les recherches de l’érudition dussent ramener à la lumière quelqu’une de ces pages resplendissantes où Mme de Sévigné, sans effort et sans prétention, comme par l’effet d’une aisance aristocratique et d’une grâce légère qu’on ne trouve qu’en elle, s’égale, quand elle ne les surpasse pas, aux maîtres de l’art de penser et d’écrire.
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Portrait de Ferdinand Brunetière Ferdinand Brunetière Un Manuscrit retrouvé, lettres inédites de Mme de Sévigné

Certainement il y a peu d’exemples, chez Mme de Sévigné, de cette âpreté de style qui fouille au plus profond des cœurs. Heureuse et souriante, elle n’a pas, comme le duc et pair, de bile à décharger, ou du moins, — c’est elle qui le dit, et nullement au figuré, — « elle rend un peu sa gorge tous les matins, et le reste du jour elle est gaillarde, sans qu’il soit question d’aucune bile. » Jamais elle ne s’est déchaînée contre personne avec cette fureur persuasive de la passion qui donne à la calomnie même un air de vérité
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Le renseignement a sa valeur historique, et c’est fort bien fait d’avoir éclairci l’obscurité. Le malheur est qu’on ne saurait se flatter de pouvoir les éclaircir toutes. Il manquera toujours à la parfaite intelligence des détails du texte de Mme de Sévigné la connaissance du texte de Mme de Grignan. C’est un échange qu’une correspondance, et, pour bien comprendre ce que Mme de Sévigné donnait, il faudrait savoir aussi ce qu’elle recevait. Un lecteur curieux de l’expérience n’aurait qu’à lire les lettres à Bussy sans tenir compte aucun des lettres de Bussy, pour juger ce qu’y perd la clarté.
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