Henri-Émile Chevalier

Résumé

Henri-Émile Chevalier Rabelais et ses éditeurs

Il paraît certain, en effet, que Rabelais, voyant le succès des Grandes et inestimables Chroniques de Gargantua, œuvre sans prétention, et, il faut le dire, sans mérite, qu’il avait composée pour se moquer des lecteurs de romans de chevalerie, et qui parut en 1532, se décida à donner comme suite le premier livre de Pantagruel, qui fut publié la même année ou l’année suivante. Puis, cette œuvre admirable terminée, il sentit combien les Grandes Chroniques étaient indignes de lui. Il refit alors de toutes pièces un nouveau Gargantua, qui devint le premier livre de son immortel roman.
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Rabelais, le savant le plus complet, le penseur le plus profond, l’écrivain le plus habile du seizième siècle, Rabelais fut un homme heureux. Protégé par les rois et les grands, estimé des savants et des lettrés, aimé de tous, il se sentit assez fort pour attaquer les abus les plus imposants, les plus profondément enracinés, ceux mêmes que le bras séculier entourait d’une protection active, et il leur posta des coups dont ils ne se sont pas relevés.
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Le fait est incontestable ; mais, en vérité, je crois que M. Marty-Laveaux sera le seul à l’en blâmer, et qu’il aurait mieux fait de l’imiter. M. Jannet a fait ce qu’avaient fait avant lui Le Duchat, Johanneau et tant d’autres ; ce qu’avaient fait MM. Burgaud des Marets et Rathery, qui, précisément, font observer qu’on fait de même pour les auteurs latins et pour les auteurs du siècle de Louis XIV. Ils auraient pu ajouter qu’on ne fait pas autrement pour les plus anciens monuments de notre littérature.
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