Fortunat Strowski, Montaigne : sa vie publique et privée (1938)
“ Pour aussi religieux qu'il soit, ce sentiment de Montaigne n'est pas exactement et proprement chrétien. Pour Calvin et pour Luther, pour Pascal et pour Bossuet, la nature, toute créée qu'elle fût, n'était pas, en réalité et à l'origine, séparée de Dieu par une nuit impénétrable ; l'homme voyait, connaissait, aimait Dieu. C'est le péché, c'est-à-dire un acte, de la liberté humaine, qui a fait tomber sur l'Univers ces ombres épaisses. Dieu, par la suite, n'a pas eu tant à révéler sa vérité au monde, qu'à expier le péché, à racheter les coupables, à renouveler les coeurs : la Rédemption... ”
