Résumé

Léon Feugère Les Femmes Poëtes au XVIe siècle

Aux yeux de mademoiselle de Gournay, qui sympathise avec ces pensées libérales, la vraie noblesse, la vraie supériorité, n’est pas dans l’illustration de la race, mais dans l’excellence de l’âme, dans les lumières de l’esprit : « Un roi, a-t-elle écrit autre part, sait faire les riches, les puissants, les comtes, marquis, ducs et chefs d’armées ; un habile homme, un homme d’honneur, il ne le peut faire : c’est l’ouvrage du souverain Créateur ; autant élevé par-dessus ces autres ouvrages-là, s’il se pouvait dire, que le Créateur l’est par-dessus le prince. »
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Léon Feugère Les Femmes Poëtes au XVIe siècle

Tous ces débats d’amour, quoi qu’il en soit, ne semblent qu’un écho bien affaibli, une froide contrefaçon du Chantre de Laure. On sent que, chez Marguerite, le cœur resté libre ne répète que des sons qui lui sont étrangers. C’est la femme d’esprit qui, pour rivaliser avec les beaux esprits de son temps, s’ingénie à traiter le sujet en vogue ; mais l’afféterie, il faut l’avouer, règne plus que la grâce dans cette partie de ses œuvres. Ainsi en est-il de ses autres poésies légères, et notamment de sa « réponse pour une dame à un amant qui ne s’exprimait que par ses yeux. »
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Léon Feugère Les Femmes Poëtes au XVIe siècle

M. Rebitté n’a garde de vouloir en rien rabaisser la gloire d’Érasme ; il a étudié avec beaucoup d’intérêt la figure de cet homme illustre, investi d’une sorte de royauté intellectuelle, et qui, en traitant pour ainsi dire sur un pied d’égalité avec tous les trônes de l’Europe, inaugurait la puissance de l’esprit dans notre société moderne ; mais son admiration pour Budé aspire à l’élever jusqu’au niveau de ce grand génie : il croirait même volontiers que Budé a eu sur la marche du siècle plus d’influence qu’Érasme, « qui n’a pas su trouver un point d’appui. »
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