Marguerite de Navarre

Définition et enjeux

Portrait de Marguerite de Navarre Marguerite de Navarre,  Les Marguerites de la Marguerite des Princesses

“ Par tout le cerche, et de le voir j’ay crainte.
Car je ne puys, le voyant, supporter
Qu’il ayme ailleurs à bon escient sans feinte.
Pour quelque temps je me suis bien contrainte
De l’endurer, celant ma passion,
Pensant qu’au jour il y ha heure mainte,
Et qu’amour fust jointe à mutation.
Rien n’a servy ma bonne intention,
Je l’ay perdu, : il ha une maistresse
Qui de son cœur prend la possession.
Il est bien vray que le corps seul me laisse.
Son corps sans cœur augmente ma tristesse.
”
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Portrait de Marguerite de Navarre Marguerite de Navarre,  Les Marguerites de la Marguerite des Princesses

“ Qui n’ha chaleur, vie ne mouvement,
Les yeux fermez, les dentz pareillement,
A ses souspirs defailloit son haleine.
Moy, qui la veis en si cruelle peine,
Je prins ses mains à frotter et tenir,
Tant qu’un petit je la feis revenir.
Et, en tournant son œil triste vers nous,
Nous dit : Helas ! que vostre ennuy est doux
Au prys du mien, qui ne peult plus durer !
Ce que ne peult la premiere endurer :
Vous n’avez mal (dit elle) qu’un tout seul,
C’est de laisser pour nous vostre plaisir ;
Mais j’en ay deux qui agravent mon dueil.
”
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Portrait de Marguerite de Navarre Marguerite de Navarre,  Les Marguerites de la Marguerite des Princesses

“ O frere doux, qui en lieu de punir Sa folle sœur, la veult à luy unir, Et pour murmure, injure ou grande offense, Grace et amour luy donne en recompense. C'est trop, c'est trop, helas ! c'est trop, mon frere ; Point ne devez à moy sy grans biens faire. J'ay fait le mal, vous me rendez le bien ; Vostre je suis, et vous vous dites mien ; Vostre je suis, et vostre doublement, Et estre veux vostre eternellement. Plus je ne crains d'Aaron la grand' folie ; Nul ne sera, qui de vous me deslie. ”
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