Marguerite de Navarre

Élements biographiques

Portrait de Marguerite de Navarre Marguerite de Navarre,  Les Marguerites de la Marguerite des Princesses

“ D’aymer je me repens,
J’en osterois mon cœur, qui de douleur
Perpetuel en paieroit les despens.
J’estimerois à grand heur ce malheur,
Bien que ce n’est peu de despit ou honte
D’estre laissée ainsi d’un serviteur.
Le deplaisir en est tel, et tant monte,
Que d’en laisser Cent de sa volonté,
Ce n’est ennuy dont l’on deust tenir compte.
Vostre cœur est de desespoir tenté
Pour vostre Amy, c’est chose raisonnable ;
Aussi est il d’honneur bien contenté,
Rendant l’Amour de l’union louable
D’entre nous trois ; la gloire en recevez,
Qui vostre ennuy doit rendre tolerable.
”
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Portrait de Marguerite de Navarre Marguerite de Navarre,  Deux farces inédites attribuées à la reine Marguerite de Navarre

“ J'en trouvay là deux de mon aage Avecques qui je m'esbatoys, Du temps que petite j'estoys; De ce temps là, sans point mentir, Commença mon cueur à sentir Le désir d'une telle vie. CLÉMENT.
De rien condemner n'ay envye: Si est que, à toutes personnes, Toutes choses ne sont pas bonnes; Et, veu la gentille nature, Laquelle en vous je conjecture, Tant par les meurs que par la face, Il me semble, sauf vostre grâce, Que devez prendre pour espoux Quelque beau filz pareil à vous, Et instituer, bien et beau, Chez vous, un couvent tout nouveau, Dont vous seriez la mère abesse Et luy l'abbé.
”
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Portrait de Marguerite de Navarre Marguerite de Navarre,  Les Marguerites de la Marguerite des Princesses

“ Par tout le cerche, et de le voir j’ay crainte.
Car je ne puys, le voyant, supporter
Qu’il ayme ailleurs à bon escient sans feinte.
Pour quelque temps je me suis bien contrainte
De l’endurer, celant ma passion,
Pensant qu’au jour il y ha heure mainte,
Et qu’amour fust jointe à mutation.
Rien n’a servy ma bonne intention,
Je l’ay perdu, : il ha une maistresse
Qui de son cœur prend la possession.
Il est bien vray que le corps seul me laisse.
Son corps sans cœur augmente ma tristesse.
”
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