Résumé

A. Gruyer Revue des Deux Mondes

François Clouet est Français par l’esprit par la clarté, par le style. Quand on le regarde à côté de ses illustres devanciers, quand on le compare à Van Eyck, à Memling à Holbein, on reconnaît qu’il n’est pas de premier rang, mais qu’il est de premier ordre. Ses portraits ne présentent ni l’énergie ni l’ampleur de ceux de Holbein, mais ils ont plus de limpidité et procurent avec plus d’évidence le sentiment délicieux d’une forme choisie dans la réalité du modèle vivant. François Clouet cherche avant tout la précision. Le vague est un de ces malaises de l’esprit dont il se préserve avec soin.
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A. Gruyer Revue des Deux Mondes

Le nez a quelque chose de lourd dans sa forme. La bouche, aux lèvres minces, est petite et complète l’expression des yeux ; une moustache naissante ajoute à son accentuation. Le menton est fuyant, l’oreille petite ; les joues ont de la maigreur. Somme toute, ce visage ne marque ni la santé physique ni la santé morale. Il n’en est pas moins vivant de cette vie intérieure qui est la vie de l’esprit. Toutes les fibres nerveuses et délicates de l’homme y vibrent à la fois. Quant au costume, il résume les élégances d’un temps où les raffinemens de la toilette allaient chez l’homme jusqu’à l’excès.
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A. Gruyer Revue des Deux Mondes

Dans ce portrait, Catherine de Médicis, que n’ont pas atteinte les déformations de la vieillesse, est encore en possession des traits saillans de sa physionomie. Elle a de quarante-cinq à cinquante ans. Le temps a effacé le fin modelé, les atténuations délicates au moyen desquelles la jeunesse pare d’illusions ce qu’elle touche et ne laisse entrevoir que le mirage de la réalité. L’ébauche première de la nature a reparu avec ce qu’elle a de vrai, d’inexorable et de heurté, et alors tous les caractères de la race s’accusent avec évidence.
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