Résumé

Mario Schiff La Fille d’alliance de Montaigne…

Ce qui avait plus que toute chose frappé Marie de Gournay chez l’auteur des Essais, c’était la liberté et la tranquille assurance avec laquelle il parlait de soi, s’interrogeait et se décrivait, se prenant pour le type même de l’homme. Elle l’imite sur ce point avec docilité, parlant d’elle sans cesse quand elle ne parle pas de lui. Il y a des moments où l’on pourrait croire qu’elle se prend pour Montaigne : il n’est plus pour elle qu’un prétexte heureux qui lui permet de se mettre en avant.
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Mario Schiff La Fille d’alliance de Montaigne…

La femme a, comme l’homme, le droit de penser. Elle a le droit d’acquérir cette habitude de l’application au travail que donne l’étude, et cette souplesse d’esprit que les hommes n’ont pas voulu lui laisser prendre. Chaque sexe a ses attributions, mais ils peuvent se rencontrer et se mesurer dans le domaine intellectuel. Si l’homme déraisonne, on doit, en dépit de sa barbe, lui tourner le dos ; si la femme, elle, a du bon sens et de bonnes pensées, il faut en tenir compte. Et, sans donner a priori l’avantage à l’un ni à l’autre, il convient d’accorder aux femmes le bénéfice de l’égalité.
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Mario Schiff La Fille d’alliance de Montaigne…

« Cette fille se donne-t-elle assez l’air d’un homme ! » mais au fond elle inspirait à tous une estime véritable et un certain respect. Tallemant qui est moins injuste et moins mauvaise langue qu’on ne l’a dit, lui accordait quelque générosité et quelque force d’âme. « Pour peu qu’on l’eût obligée, écrit-il, elle ne l’oublioit jamais. » Sorel, toujours judicieux, a porté sur Mademoiselle de Gournay un jugement qui résume exactement l’opinion de tous ceux qui l’ont fréquentée et qui, sous ses multiples ridicules, ont su comprendre sa véritable nature.
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