Résumé

Paul Courteault Montaigne, maire de Bordeaux : trois conférences… (1933)

Mais il entendait aussi, ayant jeté à bas son vieil ennemi Biron, maintenir sa situation en Guienne et il ne se souciait pas que l'apaisement des passions fût nuisible à son autorité. Pouvait-il compter sur Montaigne à cet égard? Il l'espérait. L'auteur des Essais n'était inféodé à aucun parti. Mais jusqu'où irait son dévouement? Henri avait l'habitude de voir loin. Or, Bordeaux, par sa position géographique, était la clé de la Guienne. Elle commandait le haut et le bas pays, et, depuis l'origine des troubles, les huguenots avaient les yeux
fixés sur cette riche proie.
Source : Gallica

Paul Courteault Montaigne, maire de Bordeaux : trois conférences… (1933)

Le 18 décembre, Duplessis-Mornay signale la chose à Montaigne : « On nous circuit de garnisons, pour tirer la chose en conséquence. On n'a point ainsi procédé contre les autres, et cette inégalité ne peut procéder que de la passion de quelques-uns. Ce prince ne pense qu'à la paix; et je désire fort qu'on ne le presse pas outre mesure. Vous le connaissez ; même lorsqu'il doit craindre, il ne veut pas. Je pense que la prudence de M. de Bellièvre modèrera toutes choses. » Mornay et son maître n'étaient qu'à demi rassurés; les intentions hostiles de Matignon
les préoccupaient.
Source : Gallica

Paul Courteault Montaigne, maire de Bordeaux : trois conférences… (1933)

Montaigne sent que les choses se gâtent décidément tout à fait, qu'il n'a plus aucun espoir de réaliser les rêves de conciliation qui sont le fond de sa politique: réconciliation d'Henri et de Marguerite, bonne entente entre le roi de Navarre et Matignon, entre le Béarnais et Henri III. Ah! qu'il aimerait mieux « se défaire» des affaires publiques, « se rejeter en sa solitude », revenir à ses chers livres et à ses pensées!
Source : Gallica

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