Fréderic Henriet

Résumé

Fréderic Henriet Esquisse biographique, Chintreuil (1858)

Mais voici que le soir approche dans la clairière du bois ; de gros nuages noirs et ballonnés se heurtent dans le ciel, l'orage gronde, la pluie tombe à torrents, le vent siffle dans les taillis et déracine les bouleaux ; mille ruisseaux improvisés courent, en les couchant, dans les hautes herbes. Il semble que le peintre, en déchaînant la tempête sur sa toile, ait voulu y dramatiser l'expression de ses souffrances morales.
Quand le paysage s'élève à cette éloquence, qui s'étonnerait de voir nombre d'amateurs concentrer là leurs plus vives admirations et leurs plus pures
jouissances!
Source : Gallica

Fréderic Henriet Esquisse biographique, Chintreuil (1858)

Si la touche n'est pas l'âme d'un tableau, on peut dire, jusqu'à un certain point, qu'elle en est l'esprit. Un artiste n'est original
que par le fond de ses œuvres ; mais original ou non, il s'individualise par la touche. Chintreuil, lui, s'est singularisé en la proscrivant. Comme tentative personnelle, il faut accepter ce parti pris auquel nous devons un peu la grâce ingénue et juvénile du talent de cet artiste; mais si Chintreuil a su prêter du charme à un défaut, il n'y aurait pas moins péril à l'imiter.
Source : Gallica

Fréderic Henriet Esquisse biographique, Chintreuil (1858)

CHINTREUIL
Les artistes ne gagnent pas généralement à être vus de près. Il en est comme de ces femmes qu'il ne faut pas surprendre à leur toilette ; c'est qu'on aperçoit facilement, sous l'angle de la mansarde, tous les mensonges et les défaillances de ces talents qui de loin nous imposaient; c'est que l'ébauche, oubliée sur le chevalet, nous livre vite de perfides secrets; c'est qu'on ne lit trop souvent qu'impuissance et pauvreté sur les quatre parois de l'atelier, — triste bilan qu'on n'ose inventorier
Source : Gallica

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