Henry Bouché

Résumé

Henry Bouché Djenânn Caïd et Bab (1891)

On découvrit de bonne heure vers l'Est, une ligne de terrains accidentés, la Kabylie ; en approchant, et tandis que la chaleur augmentait, on vit, plus haut que ces terrains, quelque chose briller peu à peu jusqu'à devenir étincelant, la neige bien imprévue des monts Djurjura. Puis, les côtes se dessinant avec plus de netteté, un triangle blanc se découpa sur un groupe de collines basses en face de nous, et ce qui, d'abord, ressemblait vaguement à une carrière de pierres de taille, devint une ville que les gens du pays regardaient avec émotion. Alger la Blanche!
Source : Gallica

Henry Bouché Djenânn Caïd et Bab (1891)

Alors, comme le soleil descendait sur l'horizon et que la voûte du ciel s'assombrissait, formant un cadre opaque autour d'Alger, la surface polie de la mer prit une teinte cuivrée brillante, éclairant tout. Nous avions perdu la notion du mouvement du bateau, sur cette eau sans rides et dans ce paysage immobile, et, comme nous approchions du rivage sans nous en rendre compte, nous fûmes surpris et presque effrayés de voir la ville tout à coup grandie démesurément dans une lumière indéfinissable faite de reflets métalliques.
Source : Gallica

Henry Bouché Djenânn Caïd et Bab (1891)

Toujours, partout, la même foule grouillante et presque silencieuse de gens
drapés, allant et venant sans qu'on sache pourquoi, continuant au milieu de notre luxe moderne une existence d'autrefois que nous ne comprenons plus et qui, sans doute, nous survivra sans qu'eux nous aient compris.
Ensuite, mais sans que l'oeil cesse d'être distrait par ce va et vient de burnous et de guenilles solennelles, on quitte décidément la ville, et la route, accrochée à mi-côte, suit un couloir entre des collines qui masquent l'horizon.
Source : Gallica

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