J.-H. Rosny aîné,
La Jeune Vampire
“ La pitié s’y mêla quand il revit Evelyn. Elle n’était pas plus pâle qu’à l’ordinaire, — c’était impossible, — mais en quelques heures elle avait positivement maigri. Ses yeux s’encavaient, pleins d’un feu d’inquiétude, et ses joues semblaient creuses. Un frisson continuel l’agitait, qui, parfois, allait jusqu’au grelottement. À la voir ainsi, James oubliait ses craintes. Il ne pouvait plus croire que ce pauvre être tourmenté fût d’une autre essence que la nôtre. Et, la hantise du surnaturel tendant à s’abolir, il se remettait à songer qu’Evelyn devait être tout simplement une malade. ”
